Redressement productif, défaillances d'entreprises et plans sociaux

Les entreprises en difficulté sont malheureusement quotidiennement à la une de l'actualité et encore, la presse ne parle que des "gros dossiers" (exemple PSA, Alcatel, Alsthom, La Redoute, Fralib, Petroplus, Goodyear, FagorBrandt, Michelin Tours, etc...).

Pour autant, la situation aurait-elle évoluée défavorablement depuis seulement 18 mois ? Est-elle nouvelle ? A vrai dire malheureusement pas, mais, on pouvait croire à une accalmie depuis le printemps dernier et la déferlante de plans sociaux connus après l'élection présidentielle de mai 2012. Mais après une période de "calme tout relatif" les défaillances importantes d'entreprises repartent à nouveau.

Pourtant l'action des commissaires au redressement productif sur le terrain porte ses fruits puisque pas moins de 139.000 emplois ont pu être préservés dans les 1000 entreprises en difficultés. malheureusement 15 000 personnes ont perdu leur emploi sans qu'il y ait d'autre solution (par parenthèse vous aurez noté que la presse ne communique que sur les 15000 emplois supprimés et pas sur les 139000 préservés. Parler d'emplois supprimés doit être plus vendeur sans doute).



Les commissaires au redressement productif sont présents dans chacune des 22 régions de métropole, sous l’autorité des préfets de région et en relation étroite avec les présidents des conseils régionaux.

Ces commissaires, ont pour principales missions :

  • d’animer une cellule régionale de veille et d’alerte composée de représentants des principaux services de l’État, et élargie aux opérateurs concernés, aux collectivités territoriales et aux autres acteurs locaux, elle veille à ce que soient prises en amont les mesures destinées à identifier et prévenir les difficultés des entreprises de la région ; 
  • de soutenir les entreprises dans la résolution de leurs difficultés pour cela les commissaires au redressement productif travaillent aux côtés des entreprises pour proposer des solutions globales et pérennes pour les entreprises en difficulté de moins de 400 salariés, en dialogue avec les actionnaires, les banques, les créanciers, les clients et les fournisseurs, ainsi qu’avec la Banque de France. Ils formulent des recommandations en matière de mobilisation des dispositifs publics de soutien
  • être sur leur territoire, les correspondants privilégiés du Comité interministériel de restructuration industrielle pour les entreprises de plus de 400 salariés.

En plus de cela, les commissaires au redressement productif travaillent en lien avec d’autres dispositifs d’aide aux entreprises en difficulté : 

  • le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle ; 
  • la Médiation du crédit, qui sert de médiateur entre l’entreprise en difficulté et ses banques ; 
  • la Médiation des relations inter-entreprises, qui intervient lorsque les relations client-fournisseur sont source de difficulté.
Malgré tout, leur action est très délicate, quand par exemple se présente un dossier comme celui de FagorBrandt, société endettée à hauteur de 850 millions (Monde) dont plus de 140 millions en France et qui possède 3 usines de laves linge d'une capacité de production d'1 million d'unités quand elles n'en produisent que moins de 300 000..... 

Pour ce dossier, il est patent que malgré la bonne volonté de tous il ne fait aucun doute qu'un éventuel repreneur mettra des conditions à son engagement, et l'on sait en pareil cas quand un repreneur met plusieurs dizaines de millions sur la table, 4 fois sur 5 ce sont des conditions se rapportant à la suppression de postes donc d'emplois..... malheureusement.

A entendre certaines personnalités de droite on pourrait croire que les défaillances d'entreprises de toutes natures ne sont nées qu'après le 6 mai 2012. On va s'apercevoir que bien évidemment il n'en n'est rien. Pour cela j'ai extrais quelques visuels de l'étude qu'effectue chaque année Altares.(ci-dessous)

Pour 2012 par exemple vous remarquerez que les redressements judiciaires et les liquidations judiciaires ont concerné 24 494 entreprises d'1 salarié ou moins alors que dans le même temps "seules" 186 entreprises de +100 salariés, dont parlent la presse écrite, parlées et télévisuelle, ont été concernées.

Vous constaterez aussi que 41 700 entreprises de 0 à 2 salariés ont fait l'obet d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire en 2012 soit 70% du total de 59 780 entreprises concernées.

En étudiant le détail ci-dessous chacun peut s'apercevoir d'une détérioration depuis 2008, ce qu'à peu près tout le monde savait, sans pourtant conclure qu'avant cette année là tout allait bien, loin s'en faut.


(cliquez pour agrandir)



Pour satisfaire votre curiosité vous trouverez ci-dessous le détail par région, on remarque ici que certaines régions (Champagne-Ardennes, Picardie, Bourgogne, Auvergne, Corse, ...)  sont bien plus sinistrées que d'autres en terme d'évolution.




Enfin, au passage, je vous laisse observer la tendance de la courbe des défaillances d'entreprises lorsque la gauche plurielle était en charge du pouvoir (1997-2002).






Je conclurai mon propos par une lapalissade, les défaillances d'entreprises ne sont ni de gauche ni de droite, c'est leur accompagnement, la recherche de solution, le soutien, l'action sur le terrain qui le sont et en amont de cela, l'action politique en faveur de la relance, des entreprises et de l'emploi le sont tout autant.

Chacun a encore en mémoire les Conti, les Molex, abandonnés en rase campagne par Estrosi qui ne faisait rien ou pas grand chose mis à part des déclarations dans la presse. 

Il me semble que de ce point de vue depuis mai 2012, le changement a eu lieu grâce entre autres aux commissaires au redressement productif, les hussards du "Made in France" comme le dit Arnaud Montebourg qui les a mis en place, et à la création de la Banque publique d'Investissement (BPI).

Vivement la sortie de crise de la zone euro pour qu'enfin l'économie française reparte et donne toute sa mesure !



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