A tous ceux qui râlent à propos des impôts

Il est de mode de râler après les impôts que chacun est censé payer. Les pigeons, les patrons, les particuliers aisés, les particuliers moins aisés, les particuliers les plus riches, les particuliers avec enfants, les bénéficiaires de niches fiscales, les artisans, les clubs de football, les auto-entrepreneurs, râlent et vocifèrent parce que le gouvernement augmente ou pas les impôts des uns et/ou des autres.

Chaque corporation, chaque catégorie sociale pensant que c'est aux autres de payer mais pas à elle ! C'est de bonne guerre me direz vous.

Parfois le gouvernement cède à la pression, surtout d'ailleurs celle des entreprises et rarement celle des les particuliers, c'est ainsi depuis presque toujours, le lobbying de groupes de pressions constitués est infiniment plus puissant qu'une myriade d'individus qui fulminent le matin au comptoir en buvant leur expresso.

A tout ce petit monde, faut-il rappeler que tout cela n'est pas fait pour engranger beaucoup d'argent dans les caisses de l'Etat mais pour le budget de l'Etat si difficile à équilibrer et où le déficit public diminue malgré tout grâce aux hausses d'impôts et aux économies budgétaires mais il faut aussi rembourser la dette colossale accumulée depuis 2008.


Pour cela l'Etat emprunte sur les marchés, voyez plutôt les transactions de jeudi dernier où la France a emprunté :

  • 2,958 milliards d'euros à échéance 3 ans (février 2016), au taux de 0,42% contre 0,43% lors de la dernière opération similaire le 19 septembre 
  • 5,277 milliards d'euros à échéance 5 ans (novembre 2018), au taux de 1,24% contre 1,23%, a précisé l'AFT chargée de placer la dette française sur le marché. La France a emprunté par ailleurs 
  • 727 millions d'euros d'obligations indexées sur l'inflation française à échéance 10 ans (juillet 2023) au taux de 0,60%. En outre, elle a levé 
  • 481 millions d'euros à échéance 15 ans (juillet 2027) et 
  • 522 millions d'euros à échéance 30 ans (juillet 2040) de titres indexés sur l'inflation européenne, aux taux respectifs de 0,97% contre 0,95% et 1,26% contre 1,07% lors de la dernière opération similaire le 19 septembre.
Ainsi, jeudi dernier alors que vous vaquiez tranquillement, ou pas, à vos occupations, l'Etat empruntait la somme rondelette de 9,965 milliards d'Euros.

Alors je poserai juste une question, si personne ne veut payer plus d'impôts pour rembourser le stock de dettes, on fait comment pour que notre pays se désendette ? On supprime quoi ? 



Nota : Mon point de vue personnel sur la dette, et je l'ai déjà écrit à plusieurs reprises sur ce blog, serait que les dettes européennes soient toutes monétisées le même jour à la même heure pour permettre à chacun de repartir "à zéro" et ce qui mettrait fin à cette austérité ou rigueur qui paralyse les pays du sud de l'Europe et ralentit les autres pays. 

Mais c'est une douce illusion, Merkel et les libéraux ne veulent pas faire marcher la planche à billets et préfèrent que les peuples se saignent pour payer.

Les spécialistes vous diront qu'une telle mesure créerait de l'inflation, mais que préférez vous : L'austérité ou un peu d'inflation ?


Commentaires

  1. On est d'accord ! Vive la planche à billets !

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  2. La planche à billet est le seul moyen qui fait en sorte que tout le monde participe

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  3. Contrairement à ce que disent certains, il y a plus d'une manière de rembourser une dette exorbitante :
    1/ par l'austérité qui mène à la spoliation (comme en Grèce, et bientôt chez nous)
    2/ par l'inflation
    3/ par le défaut de remboursement (très fréquent dans l'histoire)
    4/ par la guerre

    Quant à moi, vu comment s'est constitué cette dette, je prône, comme certains, le défaut généralisé et organisé au niveau européen.

    On y viendra.

    J'espère que ce ne sera pas trop tard pour éviter la guerre (civile et sociale).

    Arf !

    Zgur_

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    1. pour l'instant on va éviter la guerre mais le défaut me parait tout autant improbable que la monétisation.......... vu les gouvernants au pouvoir partout.... ou presque

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    2. Tic tac ... tic ... tac ... tic ... tac ...

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  4. Les spécialistes vous diront qu'une telle mesure créerait de l'inflation, mais que préférez vous : L'austérité ou un peu d'inflation ?
    Celle-là, un certain Giscard (ministre des finances) nous l'a sortie en 1973 et quand il fut président, en 1978, nous avions à la tête du gouvernement le meilleur économiste de notre temps (Barre) et 14% d'inflation et déjà environ 200 milliards d'euros de dette.
    Maastricht est à revoir.

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    1. ça nous rajeunit pas dis donc, je me rappelle avoir manifesté contre le "plan Barre" en 1979 il me semle

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    2. C'est sûr mais c'est bien de là que partent nos maux actuels. Non ?

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  5. Excellente analyse. Donc nous payons des impôts pour rembourser la dette tout en continuant à emprunter ce qui a naturellement pour effet d'alourdir la dette et ce qui obligera vraisemblablement à augmenter encore les impôts...C'est vrai qu' avec des explications comme ça on comprend mieux!
    Sinon une solution qui vaut pour pratiquement tous les cas de figure: il faut dépenser moins que ce que l'on perçoit. C'est cucul, hein!

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    1. Oh la, un futur prix Nobel d'économie! Bon je vous quitte car en volant aussi bas je risque l'accident. Sinon, on peut aussi augmenter les recettes, mais allons-y doucement, ça fait peut-être beaucoup pour un étatiste dans la même soirée.

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    2. j'ai toujours apprécié les commentateurs libéraux ayant inventés l'eau chaude et pour qui la dette est venue comme ça doute seule en plus du déficit budgétaire. D'ailleurs les pays comme la Grèce l'Espagne et l'Irlande sont les exemples flagrants du raisonnement du commentateur libéral pour qui la seule réponse est "de dépenser moins"

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    3. Ah j'ai oublié évidemment que ces pays avaient scrupuleusement suivi les recommandations du FMI et de l'UE, en faisant des privatisations, hausse des impôts, baisses des salaires, baisse des retraites, baisse des allocations chômage, etc... énorme cure d'austérité générale avec pour but d'encaisser un maximum d'argent en peu de temps et de l'affecter au remboursement de la dette.......

      Mais à part ça on est d'accord l'impôt ne sert pas à rembourser la dette, c'est bien connu à Athènes.

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  6. Dans le "il faut dépenser moins" on a déjà commencé: moins de salaires; moins de sécu, moins de retraites, etc...l'austérité est le meilleur moyen de s'appauvrir, il y a d'autres voies à explorer; à commencer par ce que dit Erik Reinert, "Vers un Keynésianisme global et une démondialisation sélective":
    http://forumdemocratique.fr/2012/03/13/livre-de-erik-reinert-comment-les-pays-riches-sont-devenus-riches-et-pourquoi-les-pays-pauvres-restent-pauvres-traduction-claude-rochet-preface-dans-la-fiche/

    Robert Spire

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    1. SVP, ne tronquez pas la formule; " il faut dépenser moins QUE CE QUE L'ON PERCOIT." Pour cela les économistes ont des paquets de solutions qui ne dérogent en rien au principe énoncé.

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    2. Ah, l'archétype du libéral en dehors des clous en prenant sans doute comme exemple le Liechtenstein et les iles caïmans ou la Norvège qui seuls doivent être dans ce cas

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  7. Je râle contre l'impôt car il est incompréhensible/ trop complexe (pour le particulier et les entreprises). Cela donne un sentiment d'injustice.

    Pour ce qui est de l'austérité, je n'ai jamais compris ni eu l'explication de qui que ce soit, en quoi réduire le train de vie de l'état est mauvais pour l'économie dans la mesure ou cette économie sera autant d'argent non prélevé qui restera dans l'économie.
    Mais j'ai déjà eu ma réponse sur ces 2 sujets. Aucun gouvernement ne s'y attaquera jamais car politiquement ça n'est pas bon et comme on pense plus à la réélection qu'à la vision politique, ça n'est pas prêt de bouger.

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    1. le problème principal me semble t-il c'est que les rentrées fiscales ne sont plus dimensionnées pour l'ensemble de la population qui est passée de 55 millions en 1982 à 66 millions en 2013 sans rien changer au mode des financements, à l’exception notable de la CSG. Les besoins sociaux ont donc décuplés et la crise, le chômage, la pauvreté sont devenus des plus importants puisque il y a plus de 8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté et 18 millions de personnes qui ne payent pas l'IR faute de revenus suffisants.

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