Un jour sans journal, est-ce la mort de la presse ou pas ?

Ce mercredi il est question de presse et de la non distribution des journaux de la presse nationale qui nous dit-on est mise en péril par des vilains syndicalistes qui osent défendre l'emploi puisque 1250 postes sur 2500 sont en sursis chez Presstalis.

L'ami Falconhill y va de son billet au titre violent, vilipendant ces mauvais Français du syndicat du livre qui, pensez donc l'empêchent de lire l'Equipe.

Alors comme je n'aime pas parler pour ne rien dire je me suis penché sur les quotidiens nationaux et leur supposée mort prochaine à cause des méchants ouvriers défendant leur et leurs emplois.

J'ai donc rendu une visite de courtoisie au site tout à fait sérieux du ministère de la culture pour y découvrir un rapport sur la presse en 2011 et y trouver certains éléments très intéressants, je n'ai extrait de ce rapport que ceux de la presse nationale d'information :




Que constate t-on donc en 2011 ? (en bordeaux sur le graphique) :

  • Que le chiffre d'affaires de la presse nationale a progressé de 1,9%
  • Que le chiffre d'affaires des quotidiens a progressé de 2,7%
  • Que le résultat des ventes au numéro a progressé de 3,7%
Pour une presse en crise, il y a pire non ?

Maintenant il faut aussi tenir compte des recettes publicitaires (en bleu sur le graphique) qui par contre elles, se sont nettement effondrées depuis 2000.

Ainsi la baisse de chiffre d'affaires n'est pas engendrée par les ventes de journaux qui s'effriterait mais par les rentrées publicitaires qui sont parties ailleurs et notamment dans la presse "gratuite", qui a capté plus de 370 millions d'euros en publicité qui sans doute se trouvaient notamment dans la PQN quand les "gratuits" n'existaient pas. (voir ci-dessous).

On peut donc comprendre l’agacement de certains patrons de presse et journalistes qui couinent de ne pas voir leur journal en vente en kiosque ou chez le marchand de journaux, les privant ainsi de ventes et de recettes publicitaires, mais il faut raison garder, il n'y a pas mort d'homme.

Il appartient aux partenaires sociaux de trouver une solution et de gérer au mieux ce conflit social qui dure déjà depuis trop longtemps, chacun devant mettre de l'eau dans son vin comme dirait Arnaud Montebourg à propos de Goodyear. La raison dans la justice doit l'emporter.

Commentaires

  1. L'an dernier, la France a perdu France Soir et la version papier de la Tribune (qui continue à subir des plans sociaux). Il me semble que Newsweek a arrêté aussi sa version papier.

    A la fin des années 2000, Libé vendaient 170 000 exemplaires par numéro. Ils en sont à 120 000. Dans la même période, Le Monde est passé de 400 000 à 320 000. Le Figaro de de 370 à 330.

    Effectivement, les ventes ont un peu rebondi en 2011...

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  2. @nicolas attention, ici on parle de chiffres d'affaires et pas du nombre de vente unitaires.

    En chiffres d'affaires quand tu regardes les barres bordeaux du graphique on constate une relative stabilité du CA

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  3. Excellent billet.
    Avec des chiffres éloquents.
    Certains ne se privent pas de dire que si les journaux classiques ne veulent pas subir la concurrence de la presse dite "gratuite", ils n'ont qu'à faire comme elle : choisir de ne pas faire payer leurs lecteurs et de faire payer seulement les annonceurs de publicité !
    Sauf que la vente "à perte" est interdite dans les autres secteurs commerciaux !
    Mais je pense qu'en l'état actuel, puisque les pouvoirs publics ont laissé se développer la presse "gratuite", je serais les journaux classiques, j'essaierais de négocier avec les annonceurs, pour ne plus vendre mon canard que quelques centimes et même le distribuer à la main, comme avant ou les vendeurs de journaux passaient dans les rues et les cafés, les sorties d'usine, les universités !
    S'agissant des syndicats et des luttes sociales, tu as parfaitement raison. Ils sont, comme les partis politiques,indispensables dans une démocratie.
    Bravo pour cette note !

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  4. Jeff, c'est pareil. Tes tableaux montrent bien une baisse de 40% du chiffres d'affaire (en "euros courants) entre le début des années 2000 et maintenant... Il y a des légers rebonds en 2007 et 2011, par exemple, mais c'est probablement lié à des événements conjoncturels, peut-être l'élection en 2007 et l'affaire DSK et en 2011 (avec du recul, ça parait délirant, mais les journaux ont carburé, à l'époque, tout comme mon blog, d'ailleurs).

    La baisse structurelle est bien réelle...

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  5. @nicolas : dans quelle branche, quelle entreprise, on présente les résultats en euros constants ?

    Nulle par ailleurs, c'est ici un habillage pour étayer un propos.

    La réalité c'est que les gratuits leur ont bouffé 370 millions de recette. Si tu les ajoutes à la PQN tu dépasses les 1,5 milliards de CA et tout le monde est heureux dans ce cas.

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  6. Melclalex, c'est toi qui présente des chiffres en euros constants... Tu connais beaucoup d'entreprises qui ne prennent pas en compte l'inflation dans leurs prévisions ?

    Franchement, je ne comprends pas ton obstination. En 20 ans, le prix du papier a augmenté, les locaux des sièges aussi, l'essence pour les voitures en reportage aussi, les salaires aussi (j'espère). En vingt-trois ans, les charges ont probablement augmenté de 50% (avec une inflation de 2%, ça fait exactement 54%) et tu me dis qu'un chiffre d'affaire constant est correct ?

    Il y a des journaux régionaux en très grande difficulté (un machin de Normandie a fermé l'an dernier et je parle dans mon billet de ce matin, d'un journal du centre, sans compter France Soir dont je parle dans mon premier commentaire).

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  7. Je ne parle ici que de CA et sa progression au global selon le rapport en question et le constat de la perte de CA de la pub partie vers les gratuits. Je ne parle pas de compte de résultats que je ne connais pas.

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  8. Tu fais un billet pour démontrer que la presse va bien et que les syndicats de distribution de journaux ont raison de faire la grève.

    Mais la presse ne va pas bien et eux-mêmes, syndicats de distribution de journaux vont de plus en plus parce que la concurrence fait rage. Toutes les luttes syndicales ne sont pas nécessairement bonnes à défendre.

    D'ailleurs tu stigmatises FalconHill en disant : " L'ami Falconhill y va de son billet au titre violent, vilipendant ces mauvais Français du syndicat du livre qui, pensez donc l'empêchent de lire l'Equipe." Sauf que l'Equipe n'est pas distribué (à ma connaissance) par Pressmachin tout comme le canard fait par la même boite, le Parisien : ils ont leur propres circuits de distribution.

    Ce sont les deux journaux qui marchent le mieux en France.

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  9. (après je te laisse tranquille, j'ai bistro !)

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  10. non, l'Equipe et Aujourd'hui en France ne sont pas distribués autrement que par presstalis et étaient absents des kiosques eux aussi, par contre le Parisien oui il est imprimé ailleurs.

    Pour le reste tu devrais lire le bas de mon billet je ne cautionne en rien ce combat syndical.

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