Eh oh la gauche, le bordel ne va pas commencer hein ?

Il y a une semaine à peine, le nouveau Président de la République prenait place à l'Elysée pendant que son prédécesseur partait en exil à Sainte Hélène au Maroc dans une modeste villa de 700 m2 que certains s'autorisent à qualifier de cadeau d'un riche ressortissant des Emirats.

Depuis une semaine les observateurs observent, les critiqueurs critiquent et les ministres prennent leurs marques, la droite vitupère sans fond et les journalistes découvrent soudainement qu'il faut recenser et comparer les promesses du candidat à ses réalisations de Président, ce qu'ils ont été bien incapable de faire lors du mandat de Sarkozy, puisque mis à part dans les derniers mois, seuls les blogueurs avaient recensé les mensonges et les promesses non tenues par Sarkozy de 2007 à 2012.

Mais je suis mauvaise langue, sans doute n'y avait-il pas pensé lorsque la droite était au pouvoir et là, comme par enchantement, voilà que toute la presse s'y met. Bon c'est vrai que c'est la gauche au pouvoir hein, c'est vraiment différent alors si on pouvait soulever la moindre contradiction on ne s'en priverait pas. 

D'ailleurs le plus révélateur de cet état d'esprit est Yves Calvi, ci-devant animateur de "C dans l'air" et "Mots croisés" qui lundi 21 mai aura réussi l'exploit dans la même journée d'animer les deux émissions avec un fond de commerce identique : François Hollande va t-il tenir telle ou telle promesse. A vrai dire je trouve ça tout à fait pathétique puisqu'à la date de l’émission, le gouvernement n'était en place que depuis 5 jours et François Hollande à l'Elysée depuis 6 jours.

Que l'on se pose la question tout au long du mandat oui bien évidemment et sur ce blog ça sera le cas, mais laissons les s'installer, prendre connaissance des dossiers et initier leurs choix politiques et après sans nul doute devrons nous les uns et les autres comparer les promesses aux réalisations. Laissons les travailler et on fait le point en fin d'année pour un premier constat.

Quant à la gauche quelques couacs commencent à amuser la droite qui n'a pas besoin de cela pour faire vociférer Jean-François Copé

On a d'abord eu l'épisode de la refonte d'Hadopi ou Fleur Pellerin nous annonce un calendrier de mise en œuvre d'une réflexion, contredite le jour même ou le lendemain par Aurélie Filipetti entre deux petits fours et une montée des marches au festival de Cannes, qui en substance déclare "Hadopi c'est moi". Bon alors les filles va falloir vous entendre hein, le bordel ce n'est pas maintenant !

On a ensuite, mais en réalité c'est presque en même temps, le projet de Christiane Taubira de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs qui fait bondir la droite et certains blogueurs, sans doute les résultats de la politique sécuritaire contre les mineurs menée depuis 5 ans leur a échappé mais, était-il si urgent que cela de jeter ce pavé là dans la marre à 3 semaines des législatives ?

Puis vinrent "les indiscrétions" du Canard Enchainé sur des déclarations supposées de Martine Aubry ayant déclaré à propos de Jean-Marc Ayrault "Je n'allais pas travailler sous les ordres de ce naze !" mais démenties illico par la première secrétaire du PS. Le Canard n'a pas pour habitude de parler pour ne rien dire, je crois bien que démenti ou pas la première secrétaire du PS va devoir mettre son mouchoir sur sa rancœur et éviter les confidences et les mauvais mots à l'encontre de qui que ce soit. Le parti qu'elle dirige est au pouvoir et cela devrait la combler. Bon Titine reprends un peu de tisane ça ira mieux après hein ?

Certains récemment dans la presse de droite se sont interrogés du devenir des blogueurs de gauche ce qui au demeurant est amusant n'est-ce pas car pendant ce temps là leur introspection personnelle est absente, l'autocritique n'est sans doute pas faite pour eux.

Je voudrais donc terminer ce billet par une remarque sur ce sujet. De longues années durant les "Leftblogs" dont je suis membre n'ont rien laissé passer au pouvoir sarkozyste, sans doute même avons nous été parfois "excessifs" dans nos critiques aux yeux de certains, mais, que les socialistes au pouvoir et de manière plus large toute la gauche sachent que nous ne serons pas des fantoches figés dans la béatitude.

Nous évaluerons les actions entreprises, nous ferons des bilans réguliers, nous critiquerons tant que cela sera nécessaire tout ce qui à nos yeux ne va pas dans le bon sens. Je crois pouvoir dire que nous ne serons pas là pour diffuser la bonne parole mais que la droite républicaine sache aussi que l'on ne l'épargnera pas, sa dérive vers le nationalisme frontiste n'est pas de bonne augure. 

Bon allez, je retourne à mes vacances.

Commentaires

  1. Ah ! Mais je resterai dans la béatitude benoite jusqu'au 21 juin.

    Dès 20 heures, ça va chier...

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  2. Oui, "vigilance" - et critique, même - ça pourrait bien être le titre d'une motion au Congrès de cet automne (j'anticipe grave). Mais quand même l'arrogance et la mauvaise foi de cette droite revancharde, toujours en déni de légitimité vis à vis de la gauche, est insupportable. Sûr que la faible avance du dernier scrutin l'autorise à céder à ses mauvais penchants. C'est pourquoi, une bonne tarte, à l'occasion du prochain, celui des Législatives, permettrait de lui claquer le bec, de lui river son clou, une bonne fois. On y travaille, et le gouvernement au premier chef, y compris par des annonces peut-être un peu hasardeuses, mais que l'on peut soutenir. Quoi, les tribunaux pour enfants, ça n'a dérangé personne? Avons nous donc été à ce point déboussolés dans nos valeurs que personne ne trouve à y redire et au contraire qu'on s'offusque de cette remise en cause salutaire? Mince alors! Plutôt deux fois qu'une, et au plus vite encore. Et tant d'autres à la suite. Or, on ne peut pas se contenter de "détricoter" - nous l'avons trop dénoncé comme un mauvais procédé. Il nous faut reconstruire, construire de nouveau, un contrat social adapté aux temps nouveaux que nous vivons. Une sorte d'aggiornamento du contrat social fondé sur le compromis historiques des forces politiques en présence (extrême droite exclue, et droite extrême ramenée à sa plus simple expression) qui fonda la société libérale (au sens politique) et sociale (au sens démocratique) d'après-guerre. Vaste chantier, auquel même quelques "nazes" peuvent contribuer :-))

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  3. Mercredi 23 mai 2012 :

    Les enquêteurs chargés de l'affaire Bettencourt cernent Nicolas Sarkozy. Le nom de l'ex-président apparaît désormais dans la procédure, instruite à Bordeaux par le juge Jean-Michel Gentil, visant les délits d'"abus de faiblesse" et d'"abus de confiance" commis au préjudice de la milliardaire. Selon les procès-verbaux dont Le Monde a pris connaissance, le magistrat semble tenir pour acquis que M. Sarkozy a bénéficié, lors de sa campagne présidentielle de 2007, d'argent en espèces du couple Bettencourt. Et ce par le biais de Patrice de Maistre, ex-gestionnaire de fortune des Bettencourt, et Eric Woerth, ex-trésorier de l'UMP. Les deux hommes sont mis en examen - le premier étant toujours en détention provisoire.

    Le juge Gentil s'est d'abord attelé à tracer l'argent liquide. Le 17 janvier 2007, 50 000 euros sont retirés de l'un des comptes Bettencourt par la comptable Claire Thibout, sur l'injonction de M. de Maistre. Celui-ci réclame initialement 150 000 euros, mais la comptable refuse de sortir une telle somme car ce montant excède son autorisation de sortie d'espèces à la banque. Le magistrat s'est procuré l'extrait de compte qui donne crédit aux assertions de Mme Thibout. Interrogée le 14 septembre 2011 par le juge Gentil, celle-ci a réitéré que la demande de M. de Maistre était claire : c'était, selon les propos que lui aurait tenus le gestionnaire de fortune, "pour donner à Eric Woerth".

    ENVELOPPE KRAFT

    Le lendemain, 18 janvier, un rendez-vous est pris avec Mme Bettencourt pour lui remettre les fonds. Mme Thibout, dans son agenda, note : "Pour donner enveloppe qui donnera à Patrice." Les agendas de Mme Bettencourt et de M. de Maistre confirment la tenue de ce rendez-vous. L'enveloppe kraft contenant des liasses de vingt billets change donc de mains, pour atterrir dans celles de M. de Maistre. Le lendemain, soit le 19 janvier, celui-ci rencontre M. Woerth, qu'il connaît depuis 2006, et dont il s'apprête à engager l'épouse, Florence Woerth. Le tête-à-tête se déroule dans un café, près du QG de campagne, rue d'Enghien, à Paris. Question du juge à M.Woerth, lors de son interrogatoire du 9 février: "Vous souvenez-vous de la station de métro ?". "Non, a répondu l'ancien ministre du travail, je ne m'en souviens pas." Remarque perfide du magistrat : "Vous ne vous souvenez pas de la station de métro que vous avez emprunté tous les matins..."

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/05/23/bettencourt-la-piste-du-financement-illegal-de-l-ump_1705801_3224.html

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  4. Juste bravo pour ce billet pendant que la droite lâche sa fiente à travers les médias.On attaque Montebourg pour un mot condamné ("escroc") mais on se tait sur Sarko-Bettencourt-Karachi-Lybie-Marrakech!

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