Toulon, terre de promesses et de constats de Nicolas Sarkozy

Vous avez vu, c'est drôle ça, il parait que Nicolas Sarkozy se rend le 1er décembre à Toulon ville de son ami UMP Hubert Falco.

Il aime bien venir dans cette ville au vote FN très important, pour y faire des discours et faire des grandes déclarations et promesses sans lendemain.

Il aurait pu venir pour y voir un match de rugby du RCT et entonner le célèbre "pilou pilou" à Mayol, mais non, il y va pour nous dit-on "prononcer un nouveau discours grand format sur l'Europe et la crise devant plusieurs milliers de personnes". C'est beau hein ?

C'est vrai que les précédents discours de Toulon (7 février 2007 et 25 septembre 2008) étaient des modèles du genre et d'ailleurs après ses discours la vie des Français en a été bouleversée et nettement améliorée, chacun peut le constater tous le jours.

Les grandes promesses et jérémiades incantatoires n'ont été suivies d'aucun effet, lisez quelques extraits de la colonne de gauche et voyez si à votre avis il pourrait dire la même chose 4 ans plus tard. Je crois connaitre votre réponse.

Nicolas Sarkozy est très fort pour dresser le constat de ses propres échecs et de ceux de la droite au pouvoir depuis dix années mais pour ce qui est des mesures concrètes alors là, les beaux discours restent lettres mortes.

Au hasard pour que chacun compare les propos tenus avec la situation actuelle et les mesures concrètes mises en place, j'ai extrait quelques déclarations et phrases clés des deux discours.


Discours de 7 février 2007Discours du 25 septembre 2008

Ça ne peut plus durer les travailleurs pauvres qui se demandent quoi faire pour s'en sortir 

Ça ne peut plus durer le pouvoir d'achat trop faible, les enfants condamnés à vivre moins bien que leurs parents, la difficulté de se loger décemment.

Ça ne peut plus durer la violence, des multi-récidivistes.

Ça ne peut plus durer le petit voyou et le patron voyou qui restent impunis.

Ça ne peut plus durer les parachutes en or pour celui qui échoue, les stock options réservées à quelques-uns

Ça ne peut plus durer la discrimination, l'inégalité des chances, la panne de la promotion sociale.

Ça ne peut plus durer les femmes moins payées que les hommes, les mariages forcés, la loi des grands frères, la polygamie, l'excision.

Ça ne peut plus durer les délocalisations provoquées par la concurrence déloyale, le dumping social, écologique, fiscal.

Ça ne peut plus durer le travail découragé, le travailleur démoralisé.

Ça ne peut plus durer le travailleur qui paye pour tout le monde.

Seule la politique peut mettre la mondialisation au service de l'homme. Seule la politique peut prévenir la révolte de l'homme contre une mondialisation dont il a le sentiment qu'elle l'asservit au lieu de le libérer.

Je n'accepte pas qu'il puisse exister des travailleurs pauvres alors que l'on a déjà bien assez à faire avec ceux qui sont pauvres parce qu'ils n'ont pas de travail !

Il faut cesser de faire du travailleur la seule variable d'ajustement de l'économie. Il faut cesser de faire du travailleur celui qui paye pour tous les autres.

Je ne crois pas à la pérennité d'un capitalisme dans lequel l'homme ne compterait pas, dans lequel le chef d'entreprise n'aurait de responsabilité que vis-à-vis de ses actionnaires sans en avoir aucune vis-à-vis de ses salariés, de la société, de son pays, des générations futures.

Je ne crois pas à la survie d'un capitalisme déshumanisé où toute la propriété est diluée dans la Bourse, où l'actionnaire n'a plus aucun lien avec l'entreprise et avec ceux qui y travaillent, où l'entreprise n'est plus une communauté humaine.

Aux ouvriers qui ont tant de savoir-faire, aux paysans qui depuis des générations font fructifier leur terre, aux artisans qui n'aiment que ce qui est parfait et dont les secrets se transmettent de génération en génération depuis des siècles, aux ingénieurs qui subissent eux aussi la concurrence des ingénieurs de l'Inde ou de la Chine dix fois moins payés, je me refuse à dire que tout est fini, qu'il n'y a plus de place pour eux, qu'ils doivent disparaître, qu'ils ne servent plus à rien. Je veux leur dire que rien n'est perdu. 
 

                    Il va falloir se décider à contrôler les agences de notation qui ont été défaillantes, et faire en sorte que plus aucune institution financière, et plus aucun fonds ne soit en mesure d'échapper au contrôle d'une autorité de régulation"

                    L'idée de la toute puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique, était une idée folle. L'idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle.

                    On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de mobiliser l'épargne au profit du développement économique et d'analyser le risque du crédit.

                    Mais dans la situation où se trouve l'économie je ne conduirai pas une politique d'austérité qui aggraverait la récession. Je n'accepterai pas des hausses des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d'achat des Français. Mon objectif est de rendre du pouvoir d'achat aux Français non de leur en prendre.

                    La crise actuelle doit nous inciter à refonder le capitalisme sur une éthique de l'effort et du travail, à retrouver un équilibre entre la liberté et la règle, entre la responsabilité collective et la responsabilité individuelle.

                    L'autorégulation pour régler tous les problèmes, c'est fini. Le laissez-faire, c'est fini. Le marché qui a toujours raison, c'est fini. 

                    Je n'hésite pas à dire que les modes de rémunération des dirigeants et des opérateurs doivent être encadrés. Il y a eu trop d'abus, trop de scandales.

                    L'économie de marché c'est le marché régulé, le marché mis au service du développement, au service de la société, au service de tous. Ce n'est pas la loi de la jungle, ce n'est pas des profits exorbitants pour quelques-uns et des sacrifices pour tous les autres.

                    La crise devrait amener à une restructuration de grande ampleur de tout le secteur bancaire mondial. Compte tenu de ce qui vient de se passer et de l'importance de l'enjeu pour l'avenir de notre économie, il va de soi qu'en France l'Etat y jouera un rôle actif.

                    Je prends l'engagement solennel que toutes les conclusions du Grenelle de l'environnement seront mises en œuvre parce qu'elles permettront à notre pays de prendre de l'avance dans la mutation inéluctable qu'imposera dans les années qui viennent à tous les pays du monde la prise de conscience du risque écologique et de l'épuisement du pétrole et des ressources non renouvelables. Je crois à la croissance durable.


                    Alors, je crois qu'une fois de plus il n'y aura pas à attendre grand chose de ce discours. Nicolas Sarkozy nous dira que la situation est grave, qu'il a été obligé d'augmenter la TVA alors qu'il ne le voulait pas, qu'il faut laisser de l'argent aux riches assujetis à l'ISF pour qu'ils investissent et que donc leur faire cadeau de 2 milliards est normal.

                    Il préviendra qu'avec Hollande ou Bayrou ça serait pire, que rien n'est de sa faute, que lui c'est le gentil et que les autres sont les méchants et que ce sont les agences de notation la cause de toute les difficultés de l'Europe et de l'Euro.

                    Bien évidemment il affirmera qu'il fait tout pour convaincre ses amis Merkel, Obama et consorts d'agir pour vaincre la crise.

                    Allez à bientôt pour ce nouveau numéro du Sarko-bobard-Show

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