"Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous" - Paul Eluard

Lettre à Laurent Wauquiez (@laurentwauquiez)


Monsieur le Ministre,

Vos dernières déclarations consistant à dire "quelqu'un qui est en arrêt maladie, il faut qu'il se rende compte : tout ça, ça coûte à la sécurité sociale" ont choqué un grand nombre de Français qui évidemment et heureusement sont en bonne santé et qui comme vous et moi se rendent chaque matin à leur job ou bien qui faute d'emploi scrutent les petites annonces à la recherche de l'emploi idoine.

Je vais, Monsieur le Ministre, par le présent billet vous conter une histoire où tout est véridique, du premier au dernier mot. C'est l'histoire d'une vie qui si elle n'est pas brisée en est terriblement modifiée du fait de la maladie, je devrais dire, des maladies.

Un jour, un matin de février 2008, jour de la Saint Valentin un rendez vous médical va bouleverser pour toujours le destin d'une femme de 44 ans qui jusqu'alors souffrait régulièrement et de manière récurrente de céphalées. La souffrance devenait si importante que son médecin de famille lui conseilla de passer une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) à l’Hôpital St Anne, hautement spécialisé dans la neurologie.

Et voilà cette maman d'une petite fille de 8 ans (à l'époque) dans un couloir d'un hôpital à attendre son tour à 18h en ce jeudi 14 février 2008. L'attente ne fut pas très longue et le personnel hospitalier toujours agréable et prévenant. La machine "infernale" était dans une grande pièce, les opérateurs se trouvaient face dans une pièce ou derrière une vitre ils pilotaient ce monstre de technologie, l'analyse de ses radiothérapeutes se faisaient presque instantanément, pour eux c'était devenu une routine car chaque jour dans cette hôpital des centaines d'examens de cette nature sont exécutés, d'ailleurs la porte de leur bureau était restée ouverte ce qui permettait à l'époux de cette femme d'entendre sans écouter, ce qui se disait.

Et puis soudain, les paroles jusque la prononcées à haute voix devenaient des chuchotements, des murmures, le mari qui feuilletait un magazine pour passer le temps perçut nettement la différence de ton et d'ambiance, il vit l'un des opérateurs se lever et quitter son poste d'observation des "images en direct" pour fermer la porte.

Le mari jusqu’alors serein commença par douter et essaya de se remémorer les bribes de conversation qu'il avait entendu peu de minutes auparavant, il posa son magazine sur la pile de ceux présents sur la petite table à sa gauche, pour la plupart ce n'était que des magazines "people" où les cancans succèdent aux photos prétendument volées.

La fin de l'examen arriva et le bruit se cette fabuleuse machine stoppa, on n’imagine pas le bruit que peux faire une telle machine d'ailleurs les patients mettent des bouchons d'oreille, car une IRM du cerveau ce n'est pas un simple examen, certaines précautions sont prises et c'est heureux.

La patiente sortie de cette grande pièce et se revêtit, prête à repartir dans son logement dans la banlieue lointaine ou sa fille l'attendait. Avant de s'engouffrer dans le métro parisien et de prendre son train, les radiothérapeutes l'interpellent en lui disant de patienter.

L'attente ne fût pas longue puisqu'à peine dix minutes plus tard le compte rendu écrit commenté oralement était remis à la patiente.

"Madame nous avons détecté un problème"
"Ah bon mais de quelle nature ?"
"L'examen révèle la présence anormale d'une grosseur importante, nous allons vous obtenir un rendez-vous très très rapidement avec le professeur Roux chef du service de Neurologie"
"C'est grave?"
"Madame il s'agit de ce que l'on appelle une tumeur cérébrale"

De rosé son teint devint blême, les larmes se mirent à glisser sur ses joues pour terminer leur course sur le sol, le monde s'effondrait sous ses pieds, elle avait un grand besoin d'air.

Cette femme, épouse et mère n'était pas au bout de ce calvaire, après une opération réussie par le Professeur Roux ou la tumeur a été réduite, s'en est suivi des séjours dans un autre hôpital (Saint-Louis) pour des examens réguliers. Depuis 2008 un traitement quotidien et périodique (injection) lui est administré qui en terme de coût représente 4500 euros par mois pris en charge en intégralité par la sécurité sociale.

Mais le malheur n'était pas terminé puisqu'en mars 2009, un an après la découverte de cette tumeur cérébrale, les médecins lui diagnostiquaient un cancer "féminin". Son monde déjà fragile s'écroulait encore davantage. S'en suivit alors une intervention chirurgicale au Centre de lutte contre le cancer René Huguenin, puis une cure de chimiothérapie, puis une autre de radiothérapie.

Dernièrement, lors de son séjour périodique à l’hôpital Saint-Louis, comme ci cela ne suffisait pas, "son" professeur endocrinologue lui a annoncé qu'elle avait du diabète. La voici donc maintenant avec un traitement médical de plus.

Alors voyez vous Monsieur le Ministre, je me permet de vous dire que vos propos sont inacceptables et intolérables, vous n'éprouvez aucune espèce de compassion pour les malades, pour ceux qui souffrent, ils n'ont pas choisi de souffrir, ils n'ont pas désiré représenter "un coût pour la Sécurité Sociale" comme vous dites.

Cette mère, cette femme, est mon épouse Monsieur le Ministre et cette histoire est la sienne.

A lire chez Intox2007
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13 commentaires:

  1. Outrée par les propos démagogiques et populistes (dans le mauvais sens du terme) et personnellement concernée par la longue et grave maladie de mon époux , je partage cette lettre le plus possible pour faire réagir nos concitoyens si résignés devant l'impensable , merci à vous

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  2. Merci pour ce billet, mais malheureusement cet espèce de fils de ... te répondra que c'est justement pour ces raisons qu'il faut SAUVER le système (en gros parce qu'il y a des malades qui trichent au détriment des vrais malades)
    Oui, je sais , c'est lamentable, mais c'est ce qu'ils appellent leur rhétorique réaliste et raisonnable, face à l'IRRESPONSABILITE de la gauche

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  3. Beau et triste billet.

    Courage et merci de ta confiance.

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  4. Merci de te livrer ainsi.
    Wauquiez est un sale con stupide qui vit dans un ministère.
    :-|

    [J'assume, ce n'est pas une insulte publique mais mon opinion ! :-)].

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  5. merci à toutes et tous vous êtes sympas et gentils ;)

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  6. beau billet poignant dans lequel tu te livres avec beaucoup de pudeur.

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  7. Mes yeux sont rouges de tristesse.
    Mes joues sont rouges de colère.

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  8. Malheureusement cette ordure s'en fout éperdument.
    Comme il se fout des chomeurs, d'ailleurs.
    Petite anecdote issue d'un documentaire TV: on voyait sieur Wauquiez faire la tournée des popotes, stylo et calepin en main pour prendre les doléances de chacun. Des chomeuses et chomeurs du coin.
    Incroyable! Enfin un politicien souvieux des gens!
    Journée terminée. Sieur Wauquiez s'en va armé de son stylo. Vite, vite la journée est finie.
    Sauf que son cahier de notes avait été oublié par ses soins.
    Un lapsus gestuel hautement révélateur.

    Non plutôt qu'un article, une lettre, ce genre de personnage hautement ignoble donnerait plutôt envie à des citoyens pacifistes comme nous, de réinstaller une guillotine, place de la Concorde!

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  9. Putain, il y a des coups de latte dans la gueule de ce p'tit con qui se perdent...

    C'est très dur de lire ce que que je viens de lire, et ce n'est rien à côté de le vivre.

    Avec toute ma sympathie, Melclalex.

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  10. Ben mon Jeff, il y a longtemps que je n'avais pas lu un billet aussi émouvant et touchant. Vous êtes vraiment très courageux tout les trois.
    Ce billet je le mets bien de coté et je ne manquerais de le faire lire à tout les apprentis Wauquiez que je croiserais.

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  11. Votre billet est émouvant et convaincant, mais pas pour Wauquiez, je le crains. Après "salauds de pauvres", il en est à "salauds de malades". Finalement on doit lui reconnaître de la suite dans l'absence d'idées.

    Cela dit, sa remarque est étrange : c'est vrai que les malades "coûtent à la sécu" mais naïvement on aurait pu croire qu'elle était faite pour ça, non ?

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  12. Décidément....
    Courageux billet. Amitié.
    Guy- Alain Bembelly

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  13. Destin terrible partagé pudiquement.


    Wauquiez, Copé & Co se croient compétents.

    Ce ne sont que des acteurs qui décident de nos destins sans même imaginer ce que cela peut être.


    On devrait donc payer les ministres sur les économies pertinentes qu'ils font faire; ca ferait 0 ou si peu.

    Marre de cela.

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