Mélenchon une ambition pour la gauche "rouge"

Ce matin ô surprise on apprend que Jean-Luc Mélenchon souhaite être le candidat du Front de Gauche lors des prochaines élections présidentielles. Je dis surprise mais nous savons que cela n'en n'est pas une pour les "suiveurs" de la politique.

Dès son départ fracassant du parti socialiste à l'automne 2008 et la création du Parti de Gauche, nous savions que l'ambition de Jean-Luc Mélenchon n'était pas de rester tranquilou entre le PS et le PC, il ne pouvait plus rien attendre du PS, alors il s'est fait des copains au Parti Communiste Français. 

En manque de résultats électoraux glorifiants les communistes se cherchaient un "sauveur" et avaient du mal à exister, Marie-Gorges Buffet n'ayant obtenu que 1,94% au 1er tour de la présidentielle de 2007, alors, ils sont tombés dans les bras d'un homme qui faisait tout pour "grossir" politiquement et médiatiquement car Jean-Luc Mélenchon avait une impérative nécessité de prouver et de faire admettre qu'il pouvait représenter une alternative à gauche. 

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il a parfaitement réussi son O.P.A sur le PCF qui  n'a pas de leader  "charismatique" et ce parti plus ou moins moribond s'est soudain trouvé un partenaire qui l'écoutait et valorisait ses idées et idéaux et qui lui a permis d'à nouveau pouvoir faire émerger ses idées du désert médiatique dans lequel il se trouvait.

D'ailleurs ces idées plaisent à la gauche de la gauche qui aime bien flirter avec les "révolutionnaires" du NPA et de Lutte ouvrière. Certaines postures de Jean-Luc Mélenchon rappellent d'ailleurs plus celles d'un révolutionnaire que celles d'un homme politique "conventionnel".

Le Parti Communiste après avoir été cannibalisé par François Mitterrand avec le programme commun de la gauche à la fin des années 70, va une nouvelle fois se faire avaler par un de ses alliés qui lui veut du bien, car n'en doutons pas c'est bien Jean-Luc Mélenchon qui sera le candidat du Front de Gauche et le Parti Communiste n'aura pas de candidat à l'élection majeure, depuis la première fois depuis la nuit des temps.

Le PCF survivra t-il encore longtemps, seul ? C'est la question pour les années à venir.

Jean-Luc Mélenchon portera haut et fort les idées auxquelles il croit et, habile comme il est, il arrivera à convaincre, j'en suis sûr, une partie des hommes et femmes de gauche lors du premier tour de l'élection présidentielle mais qu'il se rappelle que l'adversaire c'est la droite et seulement la droite et pas la gauche ni le ou la candidate du Parti Socialiste.

Pour conclure mon propos je voudrais soulever un point important à mes yeux et qui personnellement me gène, c'est la propension de Jean-Luc Mélenchon à soutenir des régimes politiques anti-démocratiques comme Cuba et la Biélorussie. 

Ces deux pays s'étant fait une spécialité d'annihiler toute opposition, toute presse libre, pour tout dire toute démocratie interne. Il a dans un passé récent eu des attitudes qui m'ont étonné et choqué car, quitter le parlement Européen quand celui-ci remet le prix Sakharov à un journaliste, dissident Cubain, me trouble énormément.

Le dernier épisode date de cette semaine et n'est pas plus glorieux et tout aussi choquant à mes yeux car Jean-Luc Mélenchon n'a pas voté une résolution du Parlement européen du 20 janvier 2011 sur la situation en Biélorussie qui
  • condamne le recours, par la police et les services du KGB, à la violence à l'encontre des manifestants
  • condamne fermement l'arrestation et la détention de manifestants pacifiques et de la plupart des candidats à l'élection présidentielle (par exemple, Vladzimir Niakliayeu, Andrei Sannikov, Mikalay Statkevich et Aleksey Michalevich), des chefs de l'opposition démocratique (par exemple, Pavel Sevyarynets, Anatoly Lebedko) ainsi que d'un grand nombre de militants de la société civile, de journalistes, d'enseignants et d'étudiants,
  • condamne la répression et prie instamment les autorités biélorusses de mettre immédiatement fin à toutes les formes de harcèlement, d'intimidation ou de menace contre les militants de la société civile,
  • réclame la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes détenues le jour, et au lendemain, de l'élection, y compris des prisonniers d'opinion reconnus comme tels par Amnesty International
Alors moi je veux bien tout entendre mais franchement, condamner la politique sécuritaire, parfaitement condamnable, de Sarkozy ou la "dictature" de Ben Ali et ne pas condamner celle de la Bielorussie est pour moi incompréhensible et à mes yeux cela représente une faute politique.

Mais bon ce n'est que mon avis et chacun sait que je n'y connais rien en politique.


Commentaires

  1. Tu ne confondrais pas la Biélorussie (Bélarus, Minsk) et la Lituanie (Vilnius), par hasard ?
    Ou alors j'ai loupé un épisode...
    Estelle92

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  2. oups je pensais bélarus et j'ai écrit Lituanie. merci à toi de ta vigilance.

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  3. droit, clair, juste basé sur les faits et bien envoyé !
    bravo champion !

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  4. Je serais toi, je ne serais pas si péremptoire... Mélenchon ne fait pas l'unanimité chez les communistes. Surtout parmi ceux qui ont un strapontin départemental ou régional à défendre, et qui ont pactisé avec le PS.... non par conviction (je n'y trouverais dans ce cas rien à redire, n'étant pas si sectaire que d 'aucuns le pensent...) mais par pur calcul électoraliste. Et ça, je condamne.

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  5. @gdc il ne fait pas l'unanimité et alors ? Ils ont qui de mieux pour porter leur parole ?

    Donc Méluche emportera la mise c'est certain ou alors le Front de gauche éclatera et les uns et les autres n'ont aucun intérêt à ça.

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  6. Commentaire en plusieurs points :
    - sur le soutien du PCF, pas mieux que ce qu'a dit GdC ;
    - sur le Belarus j'avoue ne pas du tout avoir suivi cette polémique (mais ça me donne l'envie de creuser un peu) ;
    - sur le prix Sakharov par contre j'ai plein de choses à dire...

    Le prix Sakharov "pour la liberté de pensée" est un prix attribué par le bureau du Parlement européen (quelque chose comme 7 ou 8 gus qui décident ça en conclave) et décerné en grande pompe devant les eurodéputés qui sont sensés applaudir, le doigt sur la couture du pantalon, quelqu'un qu'on décore prétendûment en leur nom alors qu'ils n'ont pas eu leur mot à dire.

    Il existe depuis 1988 (attribué 28 fois car il y a eu plusieurs prix certaines années) et n'a que très rarement été attribué à des personnes luttant contre des régimes autoritaires "de droite" (donc à des gens plus ou moins de gauche) :
    - en 1992 aux Mères de la Place de Mai (donc contre le régime de Pinochet mais après sa chute),
    - en 1993 au journal Oslobođenje, créé par des opposants au nazisme et oeuvrant pour une société multiculturelle en Bosnie-Herzégovine,
    - en 1997 à l'algérienne Salima Ghezali proche de Hocine Aït Ahmed,
    - en 1999 à Xanana Gusmão chef d'un parti est-timorais membre consultatif de l'Internationale Socialiste,
    - en 2001 à l'israélienne Nurit Peled militante pour la paix et au palestinien Izzat Ghazzawi,
    ce qui nous fait 6 lauréat-e-s sur 28...

    Ils ont même réussi à trouver (en 1995) une kurde turque qui ne soit pas membre du PKK ! C'est vrai qu'un parti "des travailleurs" ça fait peur...
    Et les lauréates de 1992 (les Mères de la Place de Mai se sont insurgées contre le parallèle avec elles revendiqué par l'association cubaine lauréate en 2005 (Damas de Blanco) car elles "défendent le terrorisme des États-Unis"...

    Concernant Cuba, les prix ont été donnés à des "dissidents" 3 fois les 9 dernières éditions, ce qui fait quand même une proportion assez hallucinante.
    L'argumentaire de JL Mélenchon pour expliquer sa sortie de la salle (mais pas non plus une dénonciation du procédé, qu'il n'a été obligé de faire que parce que Jean Quatremer a écrit sur son blog "ouh le vilain il est sorti de la salle") repose à la fois sur cette abbération statistique (...) et aussi sur le fait que plusieurs autres candidat-e-s avaient été proposé-e-s, dont celui présenté par le groupe parlementaire GUE-NGL auquel il appartient. Il s'agissait de "Breaking the Silence" (association de soldats israéliens luttant pour dénoncer et réduire les crimes de guerre de leur État en Palestine) qui aurait bien mérité qu'on fasse une petite entorse à l'anti-"communisme" primaire des attributeurs de ce prix... Mais non ! On ne change pas les bonnes vieilles habitudes, surtout depuis que les ex-pays du Pacte de Varsovie inondent l'UE de leur bien-pensance ultralibérale.
    Il ne s'agit donc pas vraiment d'un blanc-seing décerné au régime castriste !

    Donc j'espère avoir dissipé ton trouble...

    Bonne soirée
    @+, Sophie

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  7. Sophie

    Je te remercie de ce long exposé éclairant qui aide à la compréhension.
    Merci

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  8. La démagogie archaïque dont il fait preuve est un moyen apparemment efficace pour attirer vers lui tous ceux qui pensent pouvoir se venger de leur propre médiocrité, qu'ils ont tendance à prendre pour une injustice liée au système alors qu'elle est congénitale, en faisant parler les urnes; cela vaut aussi bien pour Mélenchon que pour Le Pen dont le fond de commerce consiste à dresser le peuple contre les élites...Nous avons pu voir dans le passé et ailleurs ce sur quoi cela débouche inéluctablement en cas de prise du pouvoir...

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