PS : Ségolène Royal is back !

Chacun a remarqué que depuis le printemps Ségolène Royal a réintégré l'univers socialiste dont elle s'était éloignée depuis le funeste congrès de Reims.

Les blessures de la campagne présidentielles de 2007 ont été difficiles à cicatriser et d'ailleurs on peut se demander si elles l'ont été complètement, certains "ténors" n'y avaient pas été avec le dos de la cuillère, 
  • Claude Bartolone notamment qui déclarait "Ils espéraient une présidente de l'authenticité, ils découvrent rétrospectivement qu'ils ont soutenu une candidature de duplicité", "ses dernières déclarations sur le Smic sont proprement incroyables. Elle n'a donc pas compris que son absence de propositions sur le terrain économique et social était l'une des raisons majeures de son échec".  
  • Jospin lui, prétendait que Ségolène Royal "n'a pas les qualités humaines ni les capacités politiques" nécessaires pour remettre le Parti socialiste en ordre de marche et "espérer gagner la prochaine présidentielle."  
  • DSK quant à lui au soir du 6 mai 2007 avait qualifié la victoire de Sarkozy de "très grave défaite" de Ségolène Royal et ajoutant, "Je pense que Ségolène Royal a mené un combat courageux mais je pense aussi à ces millions de Françaises et de Français qui dès le premier tour n'ont pas porté leurs suffrages sur la gauche parce qu'il n'ont pas vu dans la gauche la possibilité de porter leur espoir de changement". La guerre des chefs et la bataille des égos faisaient rage.

Et puis, les microcosmes des anti-Royal et des pro-Royal s'ignoraient gentiment jusqu'au congrès du PS à Reims ou à la stupéfaction générale le texte des orientations (motion) que proposait Ségolène Royal et ses amis arrivait en tête du vote des motions alors que pendant des mois tous les instituts de sondage plaçaient le texte de Bertrand Delanoé en tête et lui-même futur successeur de François Hollande, cela permis à Libé de sortir une "Une" fameuse.

Les évènements qui ont suivi ce vote sont dignes de ceux que Sarkozy préparent, c'étaient petits meurtres entre amis dans les couloirs lors de "la nuit des longs couteaux" avec des prétextes qui n'en sont pas, des motifs bidons pour écarter les pro-royal qui à l'époque parlaient des centristes comme des alliés possibles, mais ce qui est possible dans une ville socialiste comme Lille, où le Modem est dans la majorité municipale avec la maire PS Martine Aubry, ne peut pas l'être dans le Parti Socialiste, alors les porte flingues de seconde zone allaient de micros en caméras, de stylo bille en ordinateur déverser leur haine sur Ségolène Royal qui était l'ennemie de l'intérieur (j'ai les noms des meneurs). Et à Reims le front anti-Royal se structura et le PS vit depuis dans ce schéma organisationnel.

Au final, au vote du 1er secrétaire, Ségolène Royal sera battue dans un vote controversé où les tricheries nombreuses seront absoutes par la commission de récolement présidée par Daniel Vaillant, Jospiniste bon teint, où les amis de Ségolène Royal étaient minoritaires.

Alors Ségolène Royal s'est concentrée sur sa région et son association Désirs d'Avenir car pour ce qui est de sa motion, son lieutenant de l'époque, Vincent Peillon qui voulait probablement devenir calif à la place du calif c'est vite approprié "la motion E" qui au final n'existe plus vraiment car de grosses divergences sont vites apparues entre un Peillon aux dents longues mais sans base militante suffisante et une Royal qui voulait garder "son bien" appuyée par de très nombreux militants.

Le problème du repli régional en Poitou-Charente était que "la sorcière du Poitou" ne s'intéressait pas ou peu à la vie du parti auquel elle appartient et au sein même du parti, de fortes réticences se faisaient jour quand elle s'exprimait en employant un peu trop le JE en lieu et place du NOUS.

Le temps passant, et les échéances électorales approchants, tout ce petit monde a commencé à se reparler,  il faut avouer que "la rénovation" du PS prend en compte nombre d'idées "nouvelles" qui viennent directement de celles exprimées dans la contribution "combattre et proposer" (avant la motion pour le congrès) portée par Ségolène Royal. Martine Aubry et son staff ont posé aux militants des questions (consultation militante du 1er octobre 2009) issues notamment directement des textes et idées de la motion défendue par Ségolène Royal telles que : parité, diversité, cumul des mandats, primaires ouvertes, fonctionnement du PS, etc.. comme quoi il n'y avait pas que du mauvais.

Ségolène Royal a toujours tout compris plus vite que tout le monde et elle a vite apprécié une situation où elle ne pèserait plus rien au sein du PS si elle s'en tenait éloignée. Alors de rencontres en coups de téléphone, de déclarations rassurantes sur son effacement en cas de primaires avec DSK ou Martine Aubry en posture de rassembleuse, la confiance semble revenue entre elle et Martine Aubry.

Ce sont de vrais copines maintenant et le discours très à gauche qu'elles emploient l'une et l'autre séduit les militants socialistes et les électeurs de gauche et au delà, ce qui fait dire que DSK et son discours policé de spécialiste de la finance aura du mal à galvaniser les foules s'il décide de revenir pour se lancer dans la bataille des primaires.

Après l'université d'été du PS où elle termina son allocution par «Unis nous serons, unis nous demeurerons. Face aux obstacles quoi qu'il arrive. Rien ne doit nous séparer, c'est unis que nous gagnerons», le point d'orgue du beau temps qui revient au sein du PS s'est situé la semaine dernière ou elle est intervenue sur la question des retraites dans l'émission "A vous de juger". Intervention saluée unanimement par les suiveurs de la politique (journalistes, chroniqueurs, blogueurs, etc..) et toutes et tous au sein du PS, du simple militant au membre au secrétariat national et ayant pour résultat de voir remonter sa côte de popularité au sein du PS de +12%.

Ce samedi a lieu la 3ème fête de la Fraternité organisée par Ségolène Royal et ses équipes de Désirs d'Avenir, une fête qui un an plus tôt (19 septembre 2009) avait attiré les quolibets de ses opposants internes et la presse la disait isolée et délaissée par ses soutiens socialistes.

Un an plus tard, force est de constater que le revirement est spectaculaire puisque sont annoncés à Arcueil :  Jean-Luc Mélenchon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Jean-Pierre Mignard, Jean-Jack Queyranne, Jean-Louis Bianco, Dominique Bertinoti. et d'autres encore. Martine Aubry sera représentée par Claude Bartolone, et Benoit Hamon s'est excusé.

Ségolène Royal a corrigé le tir, elle s'est rapprochée du PS, elle parle au nom du collectif, se pose en rassembleuse, parle du NOUS socialiste et plus du JE personnel, et elle revient au PS prendre sa place naturelle au lieu de s'en éloigner définitivement comme certains illuminés de Désirs d'Avenir rêvaient qu'elle fasse. Sa place est au sein du PS et pas ailleurs pour y apporter ses idées et sa pugnacité.

Go Go Ségo Go !


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