Vendredi Noir à Grenoble, Sarkozy se FNise davantage

Hier comme d'habitude Sarkozy a fait son one man show sécuritaire avec cette fois-ci une mise en exergue de la délinquance des français d'origine étrangère.

Je ne reviendrai pas sur la politique sécuritaire du Président que j'ai déjà évoquée dans un récent billet et qui est un réel échec, je vous invite d'ailleurs à lire les statistiques officielles en la matière sur le bulletin pour l’année 2009 de l’ONDRP  (Observatoire National de la Délinquance et des Réponse pénales).

Je voudrai simplement souligner qu'au cours de la même semaine Sarkozy s'en prend aux Roms, gens du voyage et maintenant aux immigrés qui seraient source de délinquance. C'est là une dérive bien connue dans l'histoire des nationalisme consistant à rejeter les "étrangers". Pour Sarkozy c'est une stratégie politique que de parler sécurité pour distraire le bon peuple des magouilles en tout genre que nous évoquons régulièrement avec l'affaire Bettencourt sans parler du Karchigate.

Alors oui c'est vrai qu'il y a de la délinquance là ou il y a regroupement, la où les villes dirigées par des socialistes et des communistes ont accueillis les immigrés dans les années 60 parce que les villes de droite refusaient de le faire. Demandez donc au maires de Neuilly et de Levallois s'ils ont ce genre de préoccupation mais comme il ne respectent pas la loi SRU, ils ne risquent pas.

Mais pourquoi donc ces jeunes sombrent dans la violence ?

Pour réponse je vais, sans vous raconter ma vie qui est sans intérêt, vous faire part de mon expérience personnelle. Je suis issu d'une famille de 4 enfants, dont j'étais l'ainé, seul mon père travaillait et nous vivions dans une HLM, d'abord dans un 3 pièces où mes soeurs et moi étions 4 dans la même chambre (lits superposés) puis dans un 5 pièces ensuite ou j'ai eu une chambre pour moi tout seul (c'était trop bien) dans une commune de la banlieue parisienne. Étant un "vieux de 50 ans" cette période de ma vie se passe au début des années 70.

Pendant toute mon enfance et adolescence j'ai vécu avec des copains qui s'appelaient José, Antonio, Nasser, Mohamed, Victor, Alain, Igor sans violence autres que les chicaneries d'enfants. A l'adolescence nous sommes nombreux à nous être retrouvés "en technique" à tenter d'obtenir un CAP et un BEP car à l'époque avec ces diplômes là on arrivait encore à trouver un job. 

Quand on sortait du bahut on allait faire un baby-foot "chez Ali" qui était le nom du bistro et du patron où nous allions jouer au flipper et boire un panaché ou un monaco. C'était l'époque de la Mobylette bleue ou de la Peugeot 104 avec sa selle bi-place qui permettait d'emmener une copine. Jamais de violence gratuite contre qui que ce soit. Pour nous défouler, on allait en 1973 aux manif étudiantes contre la loi Debré et on courrait pour éviter le charges des CRS. 

Une fois le CAP ou le BEP en poche, on trouvait du boulot assez aisément avant d'aller faire son service militaire. Chacun alors bâtissait sa vie faite de mariage et de naissances, de violence il n'y avait point car du boulot il y avait. C'est aussi simple que ça, tant que l'on offrira pas aux jeunes de ces quartiers une issue positive, ils resteront dans l'échec et se laisseront entrainer vers la spirale de la délinquance qui ne mène nulle part si ce n'est à la prison. Pour certains ce sera d'abord le larcin facile, puis le banditisme.

Le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 est d'environ 25% alors que ce même taux est d'un peu moins de 9% pour les 25-49 ans. Tant qu'on ne fera que constater cela en se croisant les bras rien ne changera, la violence du désespoir entrainera la répression qui entrainera la violence et etc..

La république est malade et ce n'est pas en prenant des mesures d'exclusion et d'exception qu'elle guérira.


Wikio

Commentaires

  1. Des articles comme ça doivent donner envie aux jeunes de banlieue sans histoire et qui bossent à fond pour réussir de tout arrêter pour aller montrer son mécontentement en détruisant tout ce qui lui passera sous la main...

    Ce n'est pas parce qu'on est dans une situation difficile qu'on est au dessus des lois, ce n'est pas parce qu'on est oublié qu'on doit se faire entendre en e****dant plus ses voisins que l'État.

    Les jeunes des campagnes vivent des situations similaires, ils ne font pas la Une de tous les médias pour autant !

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  2. Pff un commentaire hors de propos, il faut soigner la cause pour calmer les effets.

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  3. Pourquoi hors de propos ?
    "il faut soigner la cause pour calmer les effets." - D'accord... seulement quelle est la cause ? La situation sociale de ces personnes ? Je ne pense pas que ce soit la seule, si tant est qu'elle le soit.

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