La gare St Lazare

Aujourd'hui pas de bol, c'est un jour de service minimum à la gare St Lazare. Les quelques trains qui circulent déversent leurs flots journaliers de 450 000 "travailleuses et travailleurs" dans une gare en perpétuels travaux depuis 4 ans et pour encore au moins 1 an, chacun se presse vers sa sortie préférée, bleue pour les uns, jaune pour les autres et rose pour les derniers.

De grands escaliers vite saturés permettent à chacun et tous de poursuivre son chemin, qui vers le métro, qui vers le passage du Havre, qui pour son bureau avoisinant, tantôt vers la cour de Rome, tantôt vers la cour du Havre.

Eh oui à St Lazare que Claude Monet avait peint en 1877 rien n'est comme ailleurs, la SNCF a décidé de moderniser la gare et depuis tant et tant de mois, la gare est devenue une gare sans âme, inhumaine, sans saveur, sans odeur, sans charme, impossible d'y croiser un regard qui fera basculer une journée ordinaire en histoire d'amour extraordinaire.

La célèbre et légendaire salle des pas perdus n'existe plus depuis de nombreux mois et c'est une douleur que de voir cette gare ainsi livrée aux marteaux piqueurs.

La gare St Lazare n'est plus qu'un espace on l'on se croise sans se voir, où l'on est bousculé par des "hommes d'affaires" pressés de rejoindre leur back-office pour gagner plus en travaillant plus, où des mégères "marchandes de poisson" se croient à la criée, et engueulent tout le monde sur leur passage énervées quelles sont d'être en retard pour rejoindre leur copines au percolateur.

Malgré tout, la tendresse existe car il y a toujours des amants d'une nuit qui se quittent au départ d'un train, des grands-parents qui accueillent leurs petits enfants venus de Rouen ou d'ailleurs, des couples qui se retrouvent après un éloignement de quelques jours, des amants réguliers qui se guettent et s'enlacent à l'arrivée d'un Argenteuil-Paris.

Le train a cette magie d'amener des hommes et de femmes l'un vers l'autre, pour un jour ou pour toujours.

Le printemps arrive et la gare St Lazare fleurira à nouveau de femmes aux robes colorées, de tenues plus légères qu'elles revêtiront une fois les grisailles de l'hiver oubliées alors les sourires reviendront sur les visages taciturnes des hommes au regard triste, épuisés par un hiver rigoureux.

Un jour viendra ou la gare St Lazare, qui est la plus ancienne des gares parisiennes, inaugurée en 1837, redeviendra la gare que l'on aime.

Vivement ce jour.



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Commentaires

  1. optimiste je ne sais pas mais cette gare est devenue sans âme et j'espère bien qu'elle revivra après des travaux sans fin.

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  2. Tu as oublié de parler de Raymond Depardon qui est venu y filmer les amoureux...

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