• "Si je viens à mourir pour les idées que j’ai défendues toute ma vie, je ne veux pas que vous pleuriez, ni que votre cœur tremble"
  • "Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde"
  • "A notre époque même une seule voix peut-être entendue partout dans le monde"
  • "Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres"
  • "Nous pouvons douter de tout, sauf de notre devoir d’être toujours au côté des humiliés qui luttent"
  • "Quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde"

Remaniement ou comment l'arrivisme éhonté devient vertu

Que dire de ce remaniement qui n'ait été dit par mes ami(e)s blogueurs ? 36 heures après ce mouvement au sein du microcosme politique socialo-écologique j'en reste encore sur le cul tellement ma déception voire ma colère est grande.

François Hollande n'a donc pas compris les maux de la société et de sa politique menée depuis maintenant presque 4 ans. 

Il n'a toujours pas intégré la détresse des citoyens de ce pays et préfère se livrer à de pseudos mouvements ministériels et fait venir au sein d'un gouvernement hétéroclite des personnalités qui ont tout fait non pas pour l'intérêt du pays ou des Français mais pour obtenir "une place" dans leur propre intérêt.

Je ne sais pas si les conseillers de Hollande comprendront un jour que le spectacle affligeant de personnalités politiques sans scrupule fait le lie de l'essor de Marine Le Pen et du FN ... et pendant ce temps là le chômage n'a jamais été aussi haut.

Que penser de la venue de Placé et Pompili au gouvernement eux qui n'existent que parce que le PS nourricier leur a accordé des places sur une liste sénatoriale (Placé) ou bien une circonscription (Pompili) ou le PS s'est effacé alors que sur son nom cette candidate obtenait seulement 2% ou 4% aux précédentes législatives ? 

Franchement je suis écoeuré par ces manœuvres d'apparatchiks sans scrupule, et sans envergure à l'arrivisme viscérale chevillé au corps, manoeuvres consistant à quitter EELV pour fonder un ersatz de micro-parti écologiste qui comme par miracle soutient Hollande.

Et que dire de la lèche permanente faite par Placé envers Hollande, attitude qui d'ailleurs fait l'objet de railleries permanentes et de moqueries des suiveurs politiques et journalistes dans la presse et sur les réseaux sociaux.














Que Placé, Pompili en profitent, leur espérance de survie en politique sera courte, très courte.




Pour un Cahuzac attrapé combien d'évadés fiscaux courent toujours ?

Depuis hier se déroule le procès de l'ex-ministre qui avait en charge notamment la chasse aux exilés fiscaux, ce qui vous l'avouerez, ne manque pas de sel.

Si j'ai bien compris il avait avec son épouse ou ex-épouse planqué des millions en Suisse et/ou en Asie ou ailleurs comme le font certains mauvais Français qui veulent soustraire au fisc des sommes parfois perçues de manière obscure voire illicite.

Bref Cahuzac était un ministre socialiste qui est la honte de son camp politique tant sur le fond que sur la forme de sa défense à l'Assemblée Nationale quand l'affaire fut révélée par Médiapart. 



Laissons la justice passer et nous en reparlerons.

Mais malgré tout, Cahuzac n'est pas tout seul à truander le Trésor public, donc à se soustraire à l'impôt (les Balkany mis en examen, par exemple). Voyez plutôt cette infographie qui résume, si je puis dire, la situation, car depuis cette "affaire Cahuzac", le réveil de l'Etat a été douloureux pour certains magouilleurs dissimulateurs et il m'est avis que ce n'est pas terminé, loin s'en faut.

Depuis 2013, pas moins de 45 000 dossiers pour 26 milliards dissimulés à l'étranger ont été reçus par Bercy pour régularisation. C'est dire l'ampleur du phénomène ! Et l'on a appris récemment (le 26 janvier) que 38 000 comptes bancaires étaient ouverts en Suisse chez HSBC par des résidents Français, la chasse aux délinquants fiscaux n'est pas prête de s'arrêter et c'est tant mieux.


Certains, notamment à droite de l'échiquier politique, sont toujours prompts à stigmatiser les fraudeurs aux allocs, RSA et autres prestations sociales mais on les entend rarement critiquer l'évasion fiscale vers les paradis fiscaux ou autres territoires aux banques très secrètes, c'est dommage !

Toute fraude, sociale ou fiscale, est à dénoncer et à "punir" mais quand il s'agit de dizaines ou de centaines de millions d'euro pour un seul contribuable il me semble qu'il est plus important pour l'Etat de recouvrer les sommes dues rapidement et sans pitié aucune.




infographie : Visactu







Le programme économique de Sarkozy, du sang et des larmes annoncés

La semaine dernière, Nicolas Sarkozy a présenté son projet économique en vue des primaires à droite et de l'élection présidentielle. 

Que pouvons nous retenir de ce programme ? 

D'abord qu'il est sans surprise, puisque Sarkozy ressort les vieilles recettes de la droite dont le seul but est de réduire ce que les Français ont obtenu par le passé. 

Ensuite on observe qu'il n'a pas changé puisque ses amis du Fouquet's et d'ailleurs, seront contents d'apprendre que l'ISF serait supprimé.

Je vais donc faire une synthèse des propositions de celui qui fut Président de la république avec ses idées que les Français ont rejetées en mai 2012.

  • "Effort" de 100 milliards en 5 ans pour réduire "les dépenses" en faisant voter des mesures concernant les dépenses de l’Etat, des collectivités territoriales et des régimes sociaux, notamment de retraite et d’assurance-maladie.
  • Suppression de l'ISF
  • Modification, pour la diminuer, de l'imposition des revenus du capital actuellement imposés comme ceux du travail
  • Suppression des conditions de ressources dans l'attribution des allocations familiales
  • Suppression de l'abaissement du quotient familial (cette limitation du quotient familial ne concerne que 10% des ménages les plus aisés selon l'Insee)
  • Diminution des charges pour l'emploi à domicile
  • Non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite qui serait aussi imposé aux collectivité territoriales
  • Suppression des 35h pour les fonctionnaires, remplacées par 37h payées 37h
  • Suppression des 35h dans le secteur privé à renégocier dans chaque entreprise
  • Création d'une allocation sociale unique, qui remplacerait la prime d’activité, l’allocation logement et le RSA
  • Rétablissement du jour de carence dans la fonction publique
  • Création de contrats de 5 ans dans la fonction publique (CDD ?)
  • Réforme du contrat de travail pour "mettre fin à l’insécurité juridique qui pèse aujourd’hui sur les entreprises"
  • Instauration de la dégressivité des allocations chômage (réduction de 20% au bout d'un an puis encore de 20% au bout de 18 mois
  • Dès l'été 2017 projet de loi pour repousser l'âge de la retraite à 63 ans dès 2020 et 64 ans en 2025, projet qui s'appliquera aussi aux régimes spéciaux.
  • Suppression du compte pénibilité pour la retraite
  • Alignement du calcul des retraites des fonctionnaires sur celui du privé
  • Suppression de l'aide médical d'Etat
  • reprise du programme des privatisations
  • Baisse de 10% de l'impôt sur le revenu
  • Transformer les 17 à 20 milliards de CICE par an en baisse de charges patronales
  • Zéro charge sociales patronales pour les salaires au niveau du Smic.
  • to be continued ...

Voilà le recensement des idées du projet économique de Sarkozy pour 2017.

Je ne vais pas détailler ligne à ligne la critique que l'on peut faire de ce projet, je me limiterai donc à un commentaire global assez précis.

Sauf à transformer notre modèle social radicalement et à modifier voire restreindre les missions de la fonction publique il est illusoire de penser qu'il est possible de supprimer d'un trait de plume 100 milliards de dépenses car ces dépenses correspondent bien à des besoins. On a vu par le passé ce qu'engendre la suppression de 12000 postes dans la police et la gendarmerie décidée par Sarkozy.

Du point de vue des chômeurs, salariés, fonctionnaires et futurs retraités chacun aura compris à la lecture de ces quelques lignes qu'ils seront les dindons de la farce ce qui ne sera pas le cas des Français fortunés et aisés.

Je vous laisse commenter si vous le voulez ce projet qui il faut bien le dire est absolument calamiteux pour tant de citoyens s'il devait être mis en application.



La citation du dimanche [n°231] Jean Jaurès

"Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! 

Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclats de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers; ils décident que les ouvriers qui continuent la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connues des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. [...] 

Ainsi, tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité."  


Jean Jaurès 
Discours devant la Chambre des députés
Séance du 19 juin 1906


Agriculture : Sarkozy ou le yaka permanent

Sarkozy est, chacun le sait, proche des agriculteurs de Neuilly et du 16ème arrondissement puisqu'il doit faire pousser des salades dans un coin de son jardin à Neuilly sur Seine à moins que ce ne soit sur la terrasse de son hotel particulier du 16 ème à Paris. C'est dire si sa parole est celle d'un "homme de la terre".

Avec lui c'est l'imposture permanente. Il promet, il critique, il voudrait .... mais quand il est au pouvoir il ne fait pas ou alors le strict minimum. C'est véritablement un problème que t'entendre promettre des millions qu'il n'a jamais donné et en permanence de l'entendre dire des contrevérités, mensonges et autres approximations.

Souvenons nous de ses propres mots de janvier 2010 :


"Je mettrai tout en oeuvre pour assurer, non pas la préservation de notre agriculture, mais son développement". Nicolas Sarkozy - Janvier 2010

Mais voilà, à l'épreuve des faits et réalisations, cet engagement verbal s'est révélé n'être que du vent soufflant sur les prairies de notre beau pays et d'ailleurs le monde agricole n'est pas fou puisque Sarkozy n'est pas, loin s'en faut, le favori des agriculteurs pour la primaire à droite, voyez plutôt ce sondage où il arrive en 4ème position derrière Juppé, Le Maire et Fillon, c'est dire la disgrâce de l'ancien Président auprès du monde agricole : 




Comme il ne doit pas se souvenir de son quinquennat, je vais bien volontiers lui rafraîchir sa mémoire de poisson rouge avec cette bonne vieille infographie de 2011 :

Et puis en cadeau bonus voici une petite vidéo délicieuse.


Quant à François Hollande conformément à son engagement, il essaie tant bien que mal de faire en sorte d'aider les agriculteurs car il faut bien le dire il est totalement scandaleux que la grande distribution propose des prix d'achat aux agriculteurs inférieurs aux prix de revient. Si cela continue, les pauvres devront fermer boutique car c'est intenable.

ENGAGEMENT N° 6 : 
Je veux défendre l'agriculture française et soutenir le ruralité : 
Je défendrai un budget européen ambitieux pour l’avenir de l’agriculture dans sa diversité, en particulier l’élevage, dans le cadre de la révision de la politique agricole commune. 
J’encouragerai la promotion de nouveaux modèles de production et de l’agriculture biologique. 
Je donnerai aux producteurs les moyens de s’organiser pour rééquilibrer les rapports de force au sein des filières face à la grande distribution. 
Je garantirai la présence des services publics locaux dans le monde rural. J'assurerai la protection de notre économie maritime et redonnerai à la pêche les moyens de sa modernisation. 
Je ferai de notre pays le leader européen des énergies marines renouvelables.
Au delà des aides ponctuelles et pérennes il est clair qu'une remise à plat est nécessaire même si certains couineront, on ne peut pas laisser les agriculteurs dans la merde mouise comme ils le vivent depuis bien trop longtemps.

Evidemment la difficulté n'est pas de réunir les différents intervenants mais plutôt d'imposer à la grande distribution, par exemple, un réel prix plancher sur le litre de lait acheté aux producteurs. 

En ces temps de mondialisation heureuse et libéralisation économique à tout va chère aux libéraux et à la droite française toute la difficulté est de garantir un prix ..... quand on sait que les distributeurs peuvent se fournir ailleurs à moindre coût. 

L'union européenne et la circulation des biens et marchandises a sans doute bien des avantages mais elle a aussi de gros travers et pour certains de nos agriculteurs, petits producteurs, la politique agricole commune n'est sans doute pas la situation idéale même si elle est sensée être un peu protectrice. 

Pour conclure et malheureusement nous allons devoir supporter jusq'au 27 novembre prochain et le dernier tour de la primaire, les promesses, les mensonges, les baratins et les yaka et yzonka de Sarkozy ..... misère de nous !



Hollande opte pour la dégressivité du nombre de ses électeurs

A 15 mois du 1er tour de l'élection présidentielle, on peut constater de semaine en semaine que François Hollande a opté pour une baisse sensible du nombre d'électeurs qui se porteront sur son nom fin avril 2017, ceux-là même qui avaient espoir en l'élisant il y a 4 ans que leur quotidien change.

Voilà qu'en effet après les tirades de Macron à Davos contre le paiement des heures supplémentaires s'ajoutant à ses propos sur la réduction de facto des 35h et la remise du rapport Badinter à Valls, rapport ni ne garanti rien du tout et reste bien trop permissif, voilà que Valls et ses ministres Sapin et El Khomri n'ont rien trouvé de mieux à dire que de prôner la dégressivité des allocations chômage.

Pourtant il y a deux ans François Hollande était résolument contre, c'est étrange ce changement d'opinion sur un sujet qui concerne des millions de citoyens en difficulté car sans emploi, non ?



Il n'aura échappé à personne que depuis cette déclaration la France a changé de premier ministre et que celui-ci, Manuel Valls, mène une politique pour laquelle François Hollande n'a pas été élu. C'est très ennuyeux.

Que dire sur cette dernière attaque de Valls, Sapin et El Khomri, si ce n'est qu'un chômeur qui perçoit 57% de son salaire, si celui ci était supérieur au SMIC, 75% dans le cas contraire, doit sans doute coûter trop cher car pour ce qui est de l'emploi ce n'est pas ce genre d'économie qui permettra aux personnes à la recherche d'un job d'en trouver un par miracle ce que même l'INSEE dit.

Les penseurs de la techno structure de Bercy ne savent sans doute pas ou bien ont totalement oublié que c'est l'activité commerciale et industrielle qui crée des emplois et certainement pas la baisse des indemnités perçues.

Remarquez, en même temps on ne peut pas faire cadeau de 44 milliards par an au patronat (détail à lire ici) en exonérations diverses et autre CICE sans de l'autre côté récupérer sur les citoyens une partie des sommes données aux entreprises sous une forme ou une autre.

Ainsi donc la gauche de gouvernement déplace encore une fois le curseur de son action politique et économique vers la droite puisque cette mesure est bien évidemment approuvée et réclamée par la droite depuis longtemps puisque selon les amis de Sarkozy, Fillon et Juppé et notamment l'ineffable Laurent Wauquiez, le chômeur est "un assisté".

Pour vous en persuader, voyez plutôt l'édito du journal Les Echos de ce lundi 2 février (journal certainement pas classé comme parmi "les gauchistes").


Après la déchéance de nationalité, le chef de l’Etat tente de déstabiliser la droite sur l’économie, en mettant sur la table le sujet des allocations chômage. Rassurer la gauche qui menace de faire sécession ? Donner des « signaux » à ceux qui soufflent sur l’idée d’une primaire ? Tout l’inverse. François Hollande est défié jusque dans son parti, il plonge dans l’électorat de gauche et Christiane Taubira sort un livre en secret contre sa décision de déchoir de la nationalité les terroristes condamnés, et pourtant, c’est de la droite qu’il s’occupe. Il la contraint à l’unité sur la déchéance de nationalité en intégrant ses demandes ; il continue à la prendre au jeu sur les questions économiques. Après les 35 heures, dont il veut diminuer le coût pour les entreprises, le gouvernement vient de mettre sur la table le sujet de la dégressivité des allocations chômage , une mesure qui a la particularité de figurer en bonne place dans tous les projets des candidats Les Républicains à la primaire de novembre. 

Voilà donc que d'un seul coup d'un seul Hollande vient de perdre au moins 3 millions d'électeurs c'est ballot pour lui ! 

Combien lui en restera t-il après application, à son action politique et économique, du barème dégressif qui voit son électorat décroître à chaque mesure prise à l'encontre de ses engagements socialistes ? 


Additif : voyez le raisonnement de boutiquier gestionnaire du  gouvernement (via Capital.fr)

L'exécutif estime 
  • qu'une diminution de 100 jours de la durée maximale d'indemnisation permettrait de faire économiser 1,1 milliard d'euros. 406.000 allocataires y perdraient, pour un montant de 2.600 euros par an en moyenne. 
  • Baisser le plancher d'indemnisation de 57 à 49% de l'ancien salaire brut ferait de son côté gagner un peu plus de 1 milliard, et pèserait sur 1,28 million de personnes. 
  • Passer à 0,9 jour indemnisé pour 1 jour cotisé, contre un ratio de 1 pour 1 actuellement, ferait rentrer environ 900 millions supplémentaires dans les caisses (947.000 allocataires seraient perdants).



Illustration : l'actualité en dessins

Savez-vous combien coûte l'aide aux entreprises via le CICE et les autres exonérations ?

Le Medef a pour habitude de quémander régulièrement auprès des gouvernants se succédant au pouvoir; des allègements, des simplifications, des exonérations, des facilitations, des modifications, des abrogations allant tous dans un seul sens, celui de rendre les entreprises "plus compétitives", d'abaisser "le coût du travail" car selon le patronat "le carcan des lois, codes et règlements" et le niveau "des charges" empêchent les entreprises de se développer, d'avoir des marges suffisantes et de créer des emplois.

Il se trouve que ce syndicat patronal promet de temps à autre des emplois par milliers voire par millions si le gouvernement l'écoute et cède à "ses revendications" qu'il justifie à grand renfort de site web, de simulations, de courbes, d'histogrammes lors de communiqués et conférence de presse pour tenter de démontrer le bien fondé de ses demandes.



Ainsi, le Medef est devenu au fil des années "le syndicat patronal toujours plus" de la vie sociale en France et il faut reconnaître malheureusement que le gouvernement appuyé par une majorité de gauche au parlement a un peu trop cédé aux sirènes patronales (Travail le dimanche de 5 à 52 dimanches expliqué ici, ANI, Loi Macron : Modification des règles des licenciements collectifs au détriment des salariés, la révision du code du travail concernant les prud'hommes, etc ...).

Dernièrement le refrain entamé se rapporte à l’allègement du code du travail, à la nature même du contrat de travail et aux indemnités de licenciement prud’homales car évidemment pour le patronat le CDI est devenu le diable et le code du travail un monstre de complexité et les indemnités de licenciement une contrainte économique.

Bref tout ceci étant dit, il me semble plus que nécessaire de s’intéresser aux chiffres dont le Medef ne vous parle jamais : 

Quel est le coût pour la société, pour l'Etat, pour nos impôts, des avantages, allègements et exonérations dont bénéficient les entreprises ?


  • Savez-vous combien coûte à la collectivité, l'exonération des cotisations sociales sur les bas salaires depuis 10 ans (2005-2014) ? 
  • La réponse dans ce tableau de l'Acoss extrait du bilan Acoss Stat n°223 : 270,10 milliards d'euros d'exonérations de cotisations sociales en 10 ans
(cliquez pour agrandir)

Maintenant intéressons nous au CICE via le rapport 2015 du comité de suivi du CICE et vous allez voir ici aussi, des chiffres dont Pierre Gattaz ne vous parle jamais, bien évidemment.

Rappelons que le CICE  est une aide fiscale qui est passé de 4 % de la masse salariale brute des salariés rémunérés jusqu’à 2,5 Smic, en 2013 à 6 % en 2014.

Ainsi sur la masse salariale de 2013, plus d'un million d'entreprises ont bénéficié de 11,2 milliards de réduction fiscale.


Pour l'année 2014, 926 820 entreprises ont bénéficié de 14,2 milliards d'euros de ristourne fiscale, les prévisions de la Direction Générale des Finances s'élèvent à 17,9 milliards pour la totalité de cet exercice 2014.



Enfin, la loi de finances 2016 prévoit les montants de CICE par année de 2014 à 2019 pour atteindre un "rythme de croisière" de 20 milliards par an. En additionnant ces milliards nous arrivons à la modique somme de 107,90 milliards d'euros pour ces 6 années de CICE :

Alors si l'on fait les comptes par exemple pour 2013 et 2014, on s'aperçoit;  

  • Pour 2013 que les exonérations de cotisations sociales (22,8+2,9 Mds) ajoutées au CICE de 11,3 milliards, représentent pas moins de 37 milliards d'euros de "cadeaux". 
  • Pour 2014 c'est donc 26,2 milliards d'exonération de cotisations qu'il faut ajouter aux 17,9 milliards de CICE soit un total de 44, 1 milliards pour cette seule année.
Ainsi donc, chaque année ce sont plus de 44 milliards qui vont directement aux bénéfices des entreprises soit en exonération de cotisations sociales, soit en ristourne fiscale (crédit d'impôt) du CICE. 

J'attends avec impatience le moment où Pierre Gattaz viendra évoquer publiquement ces montants et cette forme d'assistanat pour remercier les Français qui, avec leurs impôts et taxes, payent quelques 440 milliards en dix ans pour aider les entreprises !

En conclusion, la question qui reste en suspens est de savoir si cette politique est efficace. Que fait le patronat de ces 44 milliards par an ? Quels sont les impacts sur l'emploi ? Combien d'emplois sauvegardés ? Combien d'emplois créés ? 

Réponse dans un prochain billet de blog ici même ? 

Peut-être ou peut-être pas :-)

Quand on observe la courbe du chômage depuis 2008, on peut penser que les résultats sont plus que maigrichons.



Je vous laisse y réfléchir et les commentaires sont ouverts pour en discuter.


La citation du dimanche [n°228] Charles Péguy

"Parce qu'ils n'ont pas le courage d'être du monde, ils croient qu'ils sont de Dieu.

Parce qu'ils n'ont pas le courage d'être d'un des partis de l'homme, ils croient qu'ils sont du parti de Dieu.

Parce qu'ils ne sont pas de l'homme, ils croient qu'ils sont de Dieu.

Parce qu'ils n'aiment personne, ils croient qu'ils aiment Dieu."



Charles Peguy

Note conjointe sur M. Descartes
et la philosophie cartésienne
PL. III, p. 1367



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