La citation du dimanche [19/05] - Léon Blum


"Les uns et les autres, même séparés, resteront des socialistes; malgré tout, restons des frères qu'aura séparés une querelle cruelle, mais une querelle de famille, et qu'un foyer commun pourra encore réunir".


Léon Blum
27 décembre 1920
18ème congrès national de la SFIO (congrès de Tours)

François Hollande, la récession, la croissance et la relance

La France n'est pas le vilain petit canard de l'Europe en matière de croissance, loin s'en faut puisque sur 27 pays recensés, pas moins de 13 ont une "croissance négative", c'est dire si la crise est générale car à observer la croissance positive des autres pays on s'aperçoit de l’extrême faiblesse de celle-ci mis à part dans 2 des 3 états baltes.

Alors quand Jean-François Copé, ci-devant, président par effraction de l'UMP, déclare que François Hollande est responsable de la récession ça pourrait prêter à sourir si la situation n'était pas dramatique. Et puis tant qu'il y est il pourrait aussi dire qu'il est responsable de la crise hein ? en oubliant les propres chiffres du bilan de son parti au pouvoir.

La situation de la croissance : 
  • Croissance : 11 pays
  • Récession : 13 pays dont la Grèce non indiquée dans l'infographie 
  • Croissance nulle : 3 pays


Maintenant il est vrai que François Hollande a pris des mesures censées relancer l'offre (CICE) au coût de 20 milliards d'euros, qui n'ont pas encore produits leurs effets sur l'économie.

De ce point de vue il faut donc être patient, mais chacun sait aussi que pour vendre, quand il y a une offre il faut une demande et c'est là le problème car en améliorant la compétitivité des entreprises, François Hollande qui parle souvent de relancer la croissance, n'a -t-il pas oublié de relancer la demande, celle des consommateurs ? 

Avoir augmenté le plafond du livret A à 22 950 euros avant de passer à 30 600 euros prochainement, peut-être considéré comme une bonne chose pour la construction des logements sociaux via le financement de la Caisse des dépôts qui capte 65% des encours, mais pour autant son impact sur la consommation est nul.

D'ailleurs pour en revenir à la Caisse des Dépots, on s'aperçoit qu'elle n'a pas vraiment besoin de financement nouveaux puisque fin 2012, le total des fonds du livret A, du livret de développement durable (LDD), et du livret d'épargne populaire (LEP) s'élevaient à 255 milliards d'euros, pour seulement 147 milliards d'encours de prêts. (source) On peut s'en étonner alors qu'il manque tant et tant de logements sociaux partout.

Ce dont on est certain c'est que le rehaussement du plafond a bénéficié aux familles les plus aisées qui ont déplacé leur capitaux pour bénéficier d’intérêts non imposés mais toutes ces sommes immobilisées ne pourraient-elle pas être injectées, au moins pour partie, dans l'économie par les Français possédants ces livrets ?  

N'y a t-il pas la possibilité de "motiver" les épargnants à consommer comme le gouvernement a su le faire pour les entreprises en inventant le crédit d'impôt compétitivité, cadeau de 20 milliards d'euros ? On peut s'interroger quand on sait que pas moins de 358 milliards d'euros dorment tranquillement sur les livrets A et LDD et que depuis le début de l'année les dépôts ont augmenté de 16 milliards.

Imaginez que seulement 10% de ses sommes soient injectées directement dans la relance (consommation), cela ferait un afflux de 36 milliards d'euros dans la consommation et la production industrielle. Et je n'aborde pas ici d'autres sujet comme la revalorisation des revenus d'activité ou de remplacement (SMIC, allocations, retraites, etc..)

A l'évidence il faut à nos dirigeants une volonté marquée de sortir du schéma de pensée traditionnelle de la gauche sociale démocrato-libérale et inventer une relance par la consommation qui viendra appuyer celle de l'offre. Si elle se contente des vieilles recettes éculées alors, la crise perdurera et le gouvernement n'aura qu'un salut, que la reprise vienne des USA ..... comme lors de chaque crise passée.

De l'audace encore de l'audace toujours de l'audace aurait dit Danton.

A lire :





Pouvoir d'achat : La baisse dure depuis mi-2011 et lors de 5 des 6 derniers trimestres

Depuis ce matin c'est l'apocalypse partout du fait des chiffres négatifs de la croissance en France et en Europe et de la baisse du pouvoir d'achat constatée par l'Insee. Bref notre belle France est en récession et les Français voient leur pouvoir d'achat baisser de manière inquiétante.

Alors, soyons juste et précis, le pouvoir d'achat est en baisse non pas depuis peu mais depuis mi-2011 puisqu'il a baissé 3 trimestres consécutivement avant l'élection présidentielle puis au cours des 2 derniers trimestres de 2012.

Cela ne consolera évidemment personne mais il faut parfois être précis afin d'éviter que certains esprits tordus ne réécrivent l'histoire en faisant croire que cela ne commence que depuis mai 2012, la tendance est malheureusement plus ancienne, la preuve ci-dessous.





Merci à l'AFP pour son infographie


19 ans après c'est bon et c'est grandiose #PSG

Il y a des jours où j'aime bien lire le journal 


PARIS est magique !

Le dernier titre remonte au siècle dernier à une époque où "El Magnifico" enflammait les stades d'Europe, un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

Une époque où j'étais "un Ultra" (pas un hooligan hein) du virage Auteuil, membre actif des Supras Auteuil 1991 avec qui je faisais des déplacements pour supporter mon club de toujours. C'était une grande époque où l'on enflammait le Parc des Princes avec des tifos magnifiques que l'on finançait et réalisait. Un temps ou l'on parcourait l'Europe et la France, sur tous les terrains européens de 1992 à 1997, de San Siro au Celtic Park en passant par Bernabeu, le Camp Nou et Anfielf Road, une époque merveilleuse.

Avant cela dans les années de gloire des années 80, j'étais déjà un fidèle du Parc et présent entre autre à Auteuil rouge lors de la finale de la coupe de France de 1982 (le 1er titre du PSG) puis la suivante, puis tant d'autres matchs, de victoires comme de défaites dans ces années ou la moyenne de spectateurs était de 15 000 spectateurs par match.

C'était le temps où le siège et la boutique du PSG était rue Bergère, à proximité des folies bergères, ce lieu ce résumait à une pièce de 15 mètres carrés avec un comptoir et une secrétaire qui vendait des places et des écharpes ou casquette.

J'ai tout vécu et tout connu en tant que supporter du PSG depuis sa création, les hommes passent mais le club demeure et ça là l'essentiel.


PARIS CHAMPION c'est beau et grand. 

MERCI

ALLEZ PARIS

La citation du dimanche [12/05] - Humour et politique


"Johnny Hallyday qui annonce son intention de rester Français et Bernard Laporte qui entre au gouvernement, c’est une période faste pour l’intelligence française"


François Goulard (UMP)
Prix des internautes 
du Prix Press Club Humour et politique 2008

Coup de balai : Lénine et la SFIO avant Mélenchon

Il y a peu, Jean-Luc Mélenchon invitait les Français se sentant proches de ses idées à manifester le 5 mai dernier et à donner un grand coup de balai :
"On ne peut accepter que le peuple français humilié (...) ne s'en mêle pas. C'est pourquoi je veux faire la proposition que l'on manifeste le jour anniversaire du deuxième tour de la présidentielle, le 5 mai prochain, que l'on fasse une marche citoyenne pour la VIe République, pour que le peuple s'empare par une Constituante du grand coup de balai qu'il faut donner pour purifier cette atmosphère politique absolument insupportable"
Cette idée du coup de balai est vieille comme la gauche puisque la SFIO (ancêtre du PS) l'a déjà utilisée en 1932, non contre la gauche comme Mélenchon le fait mais contre la Bourse (palais et argent), l’armée (bateau, avion, képi de général, sabre) et l’Église (goupillon, croix) qu'une tornade rouge emporte, d’un vigoureux revers de balai.





Son arme (le balai) est un clin d’œil à la fameuse affiche créée par le Russe Moor en 1920, où figurait un Lénine malicieux balayant du globe popes, spéculateurs et nobles.




C'était un 6 mai ....

Il y a un an nous étions tout à la fois sereins et inquiets. Sereins car François Hollande avait fait la course en tête dans les sondages de second tour, pendant un an, et inquiet car on pouvait s'interroger sur le ressenti des Français par rapport au tournant politique résolument droitier qu'avait pris la campagne de Nicolas Sarkozy. 

Au final comme prévu, la victoire a été sans bavure même si l'on attendait un écart plus important.

Hasta la victoria siempre !














Et au bout d'un an où en sommes nous ?  Allez voir le point d'étapes des 60 engagements de François Hollande en cliquant ci-dessous. Vous constaterez par vous même que contrairement aux légendes répandues volontairement les engagements sont tenus, et petit à petit tout avance, ça change de Sarkopipo. 

Que personne n'oublie qu'en à peine 1 an il est difficile de modifier 10 ans de droite dont 5 de Sarkozy et puis la crise économique perdure partout en Europe. 

Evidemment ne sont pas tenus les engagements des autres candidats de gauche que les Français n'ont pas voulu en les éliminant au premier tour, ils n'engagent que leurs auteurs et animent les commentaires et les manifestations de "la vrai gauche", mais pas François Hollande.

Mélenchon au soir du 1er Tour :

"Je vous appelle à vous retrouver le 6 mai, sans rien demander en échange, pour battre Sarkozy. Je vous demande de vous mobiliser comme s’il s’agissait de me faire gagner moi-même l‘élection présidentielle.”

"Ne demandez rien en échange, seulement l'acte de votre conscience"



Merci à toutes celles et ceux que j'ai côtoyés lors de cette belle campagne victorieuse.
et toutes et tous les twittos rencontrés lors des "ripostes party".


La citation du dimanche [05/05] - François Hollande


"La gauche a gouverné pendant 15 ans, pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n'y a pas de crainte à avoir."

François Hollande 
13 février 2012
The Guardian



3 mai 1936 : Il y a 77 ans, le Front Populaire triomphe aux élections législatives





Il a 77 ans le Front populaire conduit par Léon Blum gagne les élections législatives. 

Certains diront que c'est de l'histoire ancienne, mais il et important de se remémorer comment l'histoire a commencé. Et puis il est bon de rappeler aux libéraux toujours prompts à réagir contre les mouvements sociaux, les grèves etc.. ce qu'ils doivent dans leur propre vie de salarié à ceux qu'ils critiquent, combattent ou méprisent.


Au début des années 1930, notre pays (mais pas lui seul) est confronté à une crise économique, politique, sociale et morale. Nous sommes au milieu d'une terrible dépression et, poussée du chômage, chute des revenus, sont alors au menu des Français. Bien évidemment la population n'accorde plus aucun crédit aux gouvernants et la perte de confiance dans la démocratie parlementaire est patente.

Alors, en 1935, les partis de gauche et toutes les organisations de gauche concluent un pacte qui s'appellera "Le Front Populaire", l'objectif est de remporter les élections législatives de 1936 pour combattre et résoudre la crise économique et le chômage. Vaste programme !

Les élections législatives se déroulent les 26 avril et 3 mai 1936 et ce qui devait arriver arriva, la coalition de gauche remporte les élections avec à sa tête Leon Blum, "patron" de la SFIO (ancêtre du Parti Socialiste), c'est le premier socialiste à gouverner le pays et d'entrée il change les habitudes puisque 3 femmes sont présentes dans son cabinet alors qu'elles n'ont même pas le droit de vote (eh oui mesdames vous devrez attendre 1945 pour avoir le droit de vote).

Pour la population cette victoire représente un espoir sans précédent et les travailleurs veulent que leurs revendications soient prises en compte par le patronat, alors, un mouvement de grève énorme est déclenché et les usines sont occupées, le pays est paralysé. Plus de 2 millions d'ouvriers sont en grève. Ceci fait réagir le nouveau gouvernement puisque des négociations commencent entre le patronat et les syndicats.

A peine un mois après, dans la nuit du 7 et 8 juin 1936 la CGT et le patronat signent un accord (les accords de Matignon) prévoyant :
  • la création des délégués du personnel
  • la reconnaissance du droit syndical
  • augmentation de 12% des salaires
  • instauration de la semaine de 40 heures
  • attribution de 15 jours de congés payés (12 jours ouvrables)  
Les textes furent déposés le 9 juin 1936, votés par les députés les 11 et 12, et par le Sénat les 17 et 18 juin. Le décret d'application de la loi sur les congés payés paru le 1er août.

Le patronat de l'époque réagit évidemment contre ces nouveaux droits accordés, il prévoyait "le début d'une catastrophe économique sans précédent en France", "les congés payés feront plus de dégâts à l'industrie et à l'artisanat que les destructions de la grande guerre", "dans 3 ans la France sera ruinée".

Chacun a pu voir que rien de tout ça ne s'est passé.

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais la droite et le patronat emploient les mêmes termes à propos des 35 heures, vous ne trouvez pas ?

Pour en finir avec les congés payés, ils ont passés à 3 semaines en 1956, 4 semaines en 1969 et 5 semaines en 1982 et à chaque fois soit des mouvements sociaux, soit la gauche au pouvoir a permis l'octroi de ces nouveaux avantages.

C'est ça la gauche !!

Le vertige du chômage en Europe

Pas besoin de grandes phrases pour constater que le chômage frappe partout, pensez que 13 des 27 pays de l'Union Européenne ont un taux de chômage supérieur à 10% de leur population active. Plus de 26 millions de personnes se retrouvent sans emploi !

C'est terrible !

Désolé de casser les argumentaires de l'UMP, du FN, du FdG et autres opposants à François Hollande mais on s'aperçoit bien que le chômage n'est pas une "spécialité" dont la politique menée par la gauche en serait la raison.




Source : Thomson Reuters

A lire : 




PSA Aulnay : Le combat inévitablement perdu par les salariés et la CGT


Sur ce dossier sensible, et pour cause, 2 900 salariés sont concernés, on sait tous que des syndicalistes de la CGT et de la CFDT (à l'influence mineure) à Aulnay mènent un rude combat contre la direction de PSA et contre la fermeture du site.

Dès le départ la situation était bien mal engagé pour les salariés d'Aulnay et ce malgré les rodomontades de Montebourg envers Philippe VARIN le Président de PSA, car en face, la détermination, les difficultés économiques surtout, les erreurs de stratégie ont contraint malheureusement la direction de PSA a envisager la fermeture de ce site et a supprimer des milliers d'emplois en France.

Sur le point précis d'Aulnay, il faut se souvenir que deux rapports d'experts indépendants, l'un remis à Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, l'autre remis par Secafi (cabinet d'expertises réputé être proche de la CGT) expert désigné par le Comité Central d'Entreprise, ont conclu, tous deux, que la fermeture du site PSA d'Aulnay et celle d'une demi-unité de production à Rennes étaient inévitables selon les scénarios présentés par la direction de PSA. 



Je ne porterai pas de jugement sur le "leader" local de la CGT, tête de pont de l'extrême gauche (Lutte Ouvrière) au sein de la CGT, que tout le monde a connu comme porte parole de Nathalie Arthaud aux dernières élections présidentielles. 

Je m'interroge tout de même sur l'intérêt qu'il y a à entraîner à sa suite des salariés à faire gréve alors que l'on sait la cause perdue ? (voir plus bas le rapport Secafi critiquant PSA sur l'ampleur du suppressions d'effectifs et le manque de stratégie).

La Direction de PSA s'est engagée auprès du gouvernement et des représentants du personnel à ce que des solutions de reconversion permettent à tous les salariés concernés de retrouver un emploi soit en interne soit en externe, c'est la moindre des choses tout de même.

Au total, 3.750 solutions de reclassement internes et externes vont être proposées aux salariés du site PSA d’Aulnay (il y a un peu moins de 2 900 salariés), dans le cadre du plan de reconversion :

- 1650 reclassements internes dont 1500 "mutations" à PSA Poissy
- 800 emplois CDI déjà identifiés dans le cadre de la ré-industrialisation du site, 
- 800 CDI proposés par Sodie (cabinet de Outplacement)
- 200 salariés concernés par le plan de maintien dans l’emploi des seniors chez PSA
- 100 postes CDI d’opérateurs et de maintenanciers pour la SNCF
- 100 postes CDI de maintenanciers pour Aéroport de Paris
- 100 postes CDI de conducteurs de bus pour la RATP

Le rapport de Secafi préconisait en outre d'améliorer toutes les mesures d'accompagnement compte tenu du niveau de formation initiale, des âges et des anciennetés des 2.857 salariés de l'usine d'Aulnay, vouée à la fermeture ce qui a été fait notamment avec l'AFPA qui a bati un partenariat avec PSA pour la formation lourde des 300 salariés qui iront à la SNCF, RATP et Aéroport de Paris.



Pour mémoire il faut avoir à l'esprit que bienheureusement toutes les organisations se sont prononcées contre la suppression des effectifs quand ils ont eu à le faire dans les instances représentatives aux divers niveaux du groupe (CE et CCE).

Mais  la totalité des OS n'ont pas signé le plan de reconversion puisque 5 organisations syndicales sur six (FO, CFTC, CFE-CGC, CFDT, SIA (syndicat maison) soit 18 élus du personnel sur 20) représentant 76% des salariés ont donné leur accord sur les dispositifs d'accompagnement du plan social validé lors du CCE du 29 avril.

Personnellement je ne comprends pas l'opposition de la CGT à ce plan de reconversion, ne pas avaliser un plan de reconversion complet comme il est présenté et qui offre un avenir à chaque salarié me parait être une erreur, sauf à nier la fermeture d'Aulnay.

Aucun salarié ne devrait être "à la rue" quand ce plan de reconversion sera pleinement mis en application et c'est cela le plus important et l'essentiel, comment la CGT peut elle ne pas être partie prenante ?

Pour conclure, on peut affirmer sans se tromper qu'il est dramatique pour chaque ouvrier de vivre une telle situation de reconversion alors que sans doute si les patrons de PSA avaient été plus clairvoyants et porteurs d'une véritable stratégie on n'en serait pas arrivé là. 



Bonus : le rapport SECAFI remis le 11 décembre 2012 au CCE du groupe PSA


Le Made in France de Montebourg avec Brigitte Bardot

Elle était radieuse, belle, magnifique et portait si bien la marinière, hein Arnaud ?