• "Si je viens à mourir pour les idées que j’ai défendues toute ma vie, je ne veux pas que vous pleuriez, ni que votre cœur tremble"
  • "Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde"
  • "A notre époque même une seule voix peut-être entendue partout dans le monde"
  • "Etre libre, ce n'est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres"
  • "Nous pouvons douter de tout, sauf de notre devoir d’être toujours au côté des humiliés qui luttent"
  • "Quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du monde"

Réforme bancaire : quand l'impétrant Hollande s'engageait envers Montebourg

Lors des primaires citoyennes, Arnaud Montebourg avait porté des idées neuves notamment sur la démondialisation, le contrôle des banques et la séparation des activités bancaires.

Entre les deux tours des primaires il avait envoyé "aux impétrants" une lettre avant le vote final du 16 octobre 2011. 

Pour vous rafraîchir la mémoire, et en ces temps où l'on parle de réalisations, d'accomplissements, d'engagements, de renoncements, je vous remets en tête, les engagements de François Hollande sur la partie loi bancaire et controle des marchés, à comparer avec la loi "Moscovici".

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Le 13 octobre 2011

Cher Arnaud,

......

Je veux d’abord te dire mon accord sur la nécessité de reprendre le contrôle politique du système financier.

Je veux faire en 2012 la réforme du fonctionnement des marchés financiers qui a été abandonnée en chemin par Nicolas Sarkozy. 

Ce n’est pas seulement une question de justice : c’est une question de survie de nos économies et de souveraineté préservée pour notre pays. Nous payons aujourd'hui le prix de cette inconséquence présidentielle puisque, depuis 2008, lorsque tous les gouvernements ont dû sauver de la faillite le système bancaire, très peu a été fait. 

Nicolas Sarkozy et les dirigeants des G20 successifs n’ont pas voulu changer les règles du jeu de la finance mondiale. La triste vérité, c’est que l’irrationalité et l’irresponsabilité du système financier sont en train de l'emporter.
 
Mes propositions pour reprendre le contrôle d’un système qui vacille sont souvent proches des tiennes. 

Comme toi, je considère que ce sont les responsables de la crise actuelle, c'est-à-dire les banques et le système financier, qui doivent en assumer les conséquences et non les contribuables. 

En particulier, je juge inacceptable que, dans la crise actuelle de la dette grecque, la contribution des banques privées et des assurances ne soit pas plus élevée. Les institutions financières doivent désormais payer pour sauver la Grèce comme les contribuables européens ont déjà payé pour elles en 2008. 

C'est une évidence pour une large majorité de nos compatriotes, mais la droite s'obstine à ne pas entendre ce message essentiel. Si j’étais élu Président de la République, aucun plan de sauvegarde du système bancaire, pour éviter une crise économique majeure, ne se ferait sans contrepartie. 

Je ferai en sorte que tout argent public apporté directement ou indirectement à une banque entraine automatiquement l’entrée au conseil d’administration de représentants de l’État, afin de procéder à une surveillance active du redressement de l’organisme bancaire, et ce, afin de protéger les intérêts des citoyens français. 

Que ce soit une avance du fonds de stabilité financière européen ou de l’Etat, dès lors que la puissance publique intervient, il faut une présence au capital avec droit de veto sur les décisions.

Ce droit de veto s'exercerait à quatre niveaux : le contrôle des décisions prises, les rémunérations, le rôle et l'activité des « traders », un certain nombre de placements financiers. Cette intervention publique doit induire une plus grande transparence bancaire, ce qui est une façon, parmi d’autres, de se prémunir contre les risques de nouvelles dérives.

Je propose également que les banques qui font des profits financent celles qui ont fait des pertes liées à la spéculation, par le biais d'un fonds de garantie entre les banques.

Dans cet esprit, il sera de ma responsabilité de faire en sorte que les banques reviennent à leur vrai métier : financer l'économie réelle, notamment les PME. 

Enfin, je propose d'interdire purement et simplement aux banques les activités spéculatives les plus risquées, qui ne contribuent pas au bien-être collectif, notamment les ventes à découvert. 

La séparation des banques de dépôts et des banques d'investissement est in fine la meilleure garantie que les banques cessent d'utiliser les comptes courants de leurs clients à des fins spéculatives.

Ceci vaut pour la France. Mais cela ne sera pas suffisant : nous devrons changer les règles du jeu de la finance mondiale. Je fais trois propositions précises :

Je propose d'interdire les pratiques de marché sans rapport direct avec l’économie réelle. Les produits dérivés, sur lesquels s’échangent aujourd’hui plusieurs centaines de fois le PIB mondial, ne devraient être autorisés que lorsqu’ils permettent à une entreprise de couvrir des besoins réels.

Je veux en finir avec la rente dont bénéficient actuellement les activités financières. Il faut taxer le secteur et ses rémunérations afin de les remettre à leur juste place. La taxe sur les transactions financières en sera l’instrument. 

Avec le Parti Socialiste Européen, nous exigerons son adoption au niveau européen en 2012. Si l’initiative était bloquée au niveau européen, nous continuerons d’avancer sans attendre avec tous les partenaires qui accepteraient de nous suivre. A l’Assemblée nationale, nous avons déjà engagé des travaux dans ce sens avec nos amis du SPD au Bundestag. 

Cette taxe devra porter sur tous les produits financiers, des échanges de titres (actions, obligations) aux produits dérivés, pour ne laisser aucun espace d’évitement aux acteurs financiers.

- Je veux également doter les autorités de régulation de vrais pouvoirs : face à des marchés mondiaux, nous ne pouvons nous en tenir à des réponses nationales. En Europe, il faut que l’Autorité européenne des marchés financiers devienne le gendarme unique de la bourse, de Londres à Paris en passant par Francfort. 

Et son champ d’action doit comprendre les assurances et les banques. Le système européen de surveillance financière (SESF) ne doit pas rester composé de trois autorités de surveillance européennes séparées : j'agirai au niveau européen pour une fusion en un seul organisme de l’Autorité bancaire européenne (ABE) avec l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (AEAPP) et l’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF). 

La finance est un tout. Cette séparation des organismes de contrôle revient à s’interdire d’emblée une intervention publique efficace. Surtout, j'agirai pour remettre en cause les directives européennes de déréglementation financière, en particulier la directive MIF. 

Dernier point qui, je le sais, te tient à cœur depuis longtemps : il est temps de mettre en place une procédure pénale visant l'évasion fiscale. C’est d'autant plus urgent que là aussi la France a pris du retard au cours des 10 dernières années. 

Des pays comme les États-Unis n'ont pas hésité à déployer un système coercitif puissant pour traquer leurs ressortissants qui trichent avec l'administration fiscale.

Dans le fond, la transparence est en matière financière la première arme indispensable à la lutte contre la spéculation et la rente financières, contre les abus et les évasions fiscales. 

Elle donne au législateur les moyens de savoir et de mieux prévenir. Elle permet de mieux s’armer pour inverser le rapport de force entre États et marchés financiers, au profit cette fois-ci des premiers......

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Alors à votre avis, renoncements ou pas de François Hollande sur certains points ?



Lettre réponse de Hollande à Montebourg (10/2011)


Voilà pourquoi les "amis de Montebourg" ont rejoint la motion B #CongrèsPS


Partout en France (sauf en Gironde semble t-il) les amis d'Arnaud Montebourg ont décidé, par conviction, à l'issue de la période des contributions, de se joindre aux forces politiques, au sein du PS, voulant un changement de cap économique et une réelle prise en compte des promesses et engagements sociaux du candidat François Hollande.

Cette motion dont le 1er signataire est Christian Paul, est la motion B, elle regroupe des militants qui soutiennent François Hollande, bien sûr, mais sont déçus par la politique menée plutôt sociale libérale que socialiste et par l'action du Parti Socialiste, complètement absent des choix gouvernementaux. 

Il nous a en effet semblé que les 3 années qui viennent de s'écouler depuis l'élection de François Hollande ont été difficiles pour la France, les Français, les électeurs de gauche et les militants socialistes.

Une immense espérance s'était levée au printemps 2012 et nombreux étaient les Français à souhaiter le changement. Malheureusement et bien qu'il y a ait eu de bonnes choses de réalisées durant ses 3 ans, il eu aussi de très nombreux renoncements, trop, en voici quelques uns :

  • Pas de renégociation du traité européen (TSCG) alors que le candidat Hollande et le PS prévoyaient le contraire ;
  • Un accord (ANI) national interprofessionnel pour un nouveau modèle économique et social au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l'emploi qui fait la part belle aux entreprises au détriment des salariés ;
  • Renoncement à une grande réforme fiscale (fusion CSG et IRPP) pourtant promise;
  • Renoncement à une véritable réforme bancaire prohibant paradis fiscaux et activités toxiques ;
  • Renoncement à présenter une loi, en début de mandat, concernant le vote des étrangers aux élections locales ;
  • Recul et capitulation devant Mittal à Florange (plan social et fermeture des 2 haut fourneaux);
  • Recul devant "les pigeons" lorsqu'il a s'agit de taxer certaines plus-values ;
  • Augmentation des impôts des plus modestes pendant 3 ans ;
  • Pas de relèvement du SMIC par un coup de pouce significatif depuis le 1er Juillet 2012 ;
  • Pas d'augmentation des retraites alors même que la CSG des retraités est alignée sur celle des salariés et entraîne donc une baisse du pouvoir d'achat ;
  • Loi Macron : Élargissement sans retenue du travail du dimanche alors que le PS était contre (mais ça c'était avant) ;
  • La révision du code du travail concernant les prud'hommes ;
  • Loi Macron : Modification des règles des licenciements collectifs au détriment des salariés, plusieurs articles constituent une grave remise en cause du droit du travail.
  • et tant d'autres éléments...
A cela, vous ajoutez la course éperdue ..... comme l'aurait fait la droite .... vers la réduction des déficits pour atteindre les trop fameux critères de Maastricht et ses non moins célèbres 3% du PIB et vous obtenez 4 énormes défaites électorales majeures depuis mai 2012. 

  • Elections municipales : perte par le PS de 470 villes de + 3500 habitants ;
  • Elections européennes : seulement 14,7% des voix pour le PS ;
  • Elections départementales : perte de 28 départements ;
  • Elections sénatoriales : la majorité bascule à droite.

De trop nombreuses décisions ont été prises en direction des entreprises (exemple : savez vous que depuis le 1er janvier aucune cotisation sociale URSSAF n'est retenue sur les salaires des Smicards ?).

Certes il fallait sans doute apporter des corrections, mais tout de même, avec 41 milliards destinés aux entreprises sans aucune contrepartie pour l'emploi, il nous semble qu'il existe un très gros déséquilibre entre la stimulation de l'offre et l'absence d'aide à la demande et à l'investissement.

Alors que Ayrault et Moscovici ont augmenté les impôts de tous voilà que Valls et Sapin promettent des baisses d'impôts pour cette année avec la suppression de la première tranche. C'est bien mais grandement insuffisant.

Ne pourrait-on pas orienter encore davantage les économies de 50 milliards prévues par Hollande et Valls, à destination du pouvoir d'achat des ménages des classes populaires et moyennes (15 milliards de réductions d'impôts par exemple) pour atténuer cette austérité qui ne porte pas son nom ? .... mais cela supposerait que la course sans fin vers la réduction des déficits à 3% du PIB soit mise en stand-by.

Depuis mai 2012 et pendant ces 3 années écoulées la direction du Parti Socialiste s'est faite bien discrète laissant le Premier ministre agir sans jamais peser sur les choix et les décisions du gouvernement. Alors je rappelle volontiers aux militants et dirigeants du PS à la mémoire de poisson rouge, que le 19 mai 2011, le projet socialiste pour 2012 a été validé et approuvé à 95,14% par les militants, un véritable score à la soviétique, et que le 28 mai ce projet était adopté définitivement par une convention nationale.

Alors, il est temps, lors de ce congrès de Poitiers, de faire entendre notre voix et c'est avec la motion B qu'il parait possible de peser sur les choix et décisions libérales du Premier ministre et de son ministre de l'économie.

Le 21 mai, militants socialistes, agissez pour vous, pour le parti Socialiste et pour la France, votez pour la motion B.


"Aujourd'hui, la réduction à marche forcée des déficits est une aberration économique, car elle aggrave le chômage, une absurdité financière, car elle rend impossible le rétablissement des comptes publics, et un sinistre politique, car elle jette les Européens dans les bras des partis extrémistes." 
Arnaud Montebourg
Le Monde 
Le 23 août 2014








La citation du dimanche [n°209] Charles de Gaulle

"La guerre est gagnée. Voici la victoire. C'est la victoire des Nations Unies et c'est la victoire de la France. L'ennemi allemand vient de capituler devant les armées alliées de l'Ouest et de l'Est. Le commandement français était présent et partie à l'acte de capitulation. 

Dans l'état de désorganisation où se trouvent les pouvoirs publics et le commandement militaire allemand, il est possible que certains groupes ennemis veuillent, ça et là, prolonger pour leur propre compte, une résistance sans issue. 

Mais l'Allemagne est abattue et elle a signé son désastre. Tandis que les rayons de la gloire vont, une fois de plus, resplendir au drapeau, la patrie porte sa pensée et son amour, d'abord, vers ceux qui sont morts pour elle, ensuite, vers ceux qui ont, pour son service, tant combattu et tant souffert. 

Pas un effort de ces soldats, de ces marins, de ces aviateurs, pas un acte de courage ou d'abnégation de ses fils et de ses filles, pas une souffrance de ces hommes et de ces femmes prisonniers, pas un deuil, pas un sacrifice, pas une larme n'auront donc été perdus. 

Dans la joie et dans la fierté nationale, le peuple français adresse son fraternel salut à ses vaillants alliés qui, comme lui, pour la même cause que lui, ont durement, longuement prodigué leurs peines. 

A leurs héroïques armées et aux chefs qui les commandent, à tous ces hommes et à toutes ces femmes qui, dans le monde, ont lutté, pâti, travaillé pour que l'emportent, à la fin des fins, la justice et la liberté, Honneur ! 

Honneur pour toujours à nos armées et à leurs chefs, Honneur à notre peuple que des épreuves terribles n'ont pu réduire ni fléchir, Honneur aux Nations Unies qui ont mêlé leur sang à notre sang, leurs peines à nos peines, leur espérance à notre espérance et qui, aujourd'hui, triomphent avec nous. 

Ah, vive la France !"

8 mai 1945
Général de Gaulle

8 mai 1945, il y a 70 ans la fin d'un enfer

C'était il y a 70 ans, l'acte de reddition de l'Allemagne signé à Reims le lundi 7 mai 1945 à 2H41 par le général Jodl Chef d'Etat major de la Werhmacht, pour l'Allemagne, le général W.B Smith pour Eisenhower, le général Susloparoff pour l'URSS, le général F. Sevez pour la France.





Sarkozy alias Bismuth, directement en prison sans passer par la case départ ?


Nicolas Sarkozy essaye tout pour passer entre les mailles du filet de la justice, on l'a vu dans un premier volet de l'affaire Bettencourt où, faute de preuve tangible, il a été mis hors de cause.

Pour les autres affaires en cours (Bygmalion, Karachi, les écoutes ), à l'instant ou j'écris ces quelques lignes rien n'est encore terminé.

Pour l'affaire du jour, celle "des écoutes téléphoniques dans le cadre de l'affaire Bettencourt", la cour d'appel a donc validé les écoutes entre l'avocat de Sarkozy, maître Thierry Herzog, et Nicolas Sarkozy qui, innocent comme il est, utilisait un téléphone avec une seconde ligne téléphonique acheté par son avocat au nom de Paul Bismuth .... c'est dire si ce procédé d'utiliser un nom d'emprunt est pour le moins curieux, étonnant et suspect venant de la part d'un ancien Président de la République.

S'ils avaient voulu entraver la marche de la justice ils n'auraient pas fait autrement.





Pour mémoire je rappelle que ces écoutes révèlent des conversations entre Sarkozy et son avocat  qui ont cherché à obtenir des informations sur l'un des volets de l'affaire Bettencourt en promettant monts et merveilles (un poste à Monaco) à l'avocat général de la Cour de Cassation.

Vous verrez (si la cour de cassation ne casse pas ce jugement) qu'il ne m'étonnerait pas qu'il soit renvoyé en correctionnelle et là ..... si condamnation il y a, il pourra dire adieu à toute candidature à la présidentielle de 2017 et de la primaire à droite qui l'aura précédée.




En résumé : 

- Nicolas Sarkozy est mis en examen pour corruption active, trafic d'influence actif, et recel de violation de secret judiciaire ou professionnel. 

- Thierry Herzog son avocat est mis en examen pour corruption active et trafic d'influence actif, et recel de violation de secret judiciaire ou professionnel. 

- Gilbert Azibert est mis en examen pour corruption passive et trafic d'influence passif, et recel de violation de secret professionnel.


Illustration : Fakes de Grats